Le Spleen de Paris : Petits poèmes en prose   Leave a comment

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Le coeur content, je suis monté sur la montagne

D’où l’on peut contempler la ville en son ampleur,

Hôpital, lupanars, purgatoire, enfer, bagne,

 

Où toute énormité fleurit comme une fleur.

Tu sais bien’, ô Satan, patron de ma détresse,

Que je n’allais pas là pour répandre un vain pleur ;

Mais comme un vieux paillard d’une vieille maîtresse,

Je voulais m’enivrer de l’énorme catin

Dont le charme infernal ma rajeunit sans cesse.

Que tu dormes encor dans les draps du matin,

Lourde, obscure, enrhumée, ou que tu te pavanes

Dans les voiles du soir passementés d’or fin,

Je t’aime, ô capitale infâme! Courtisanes

Et bandits, tels souvent vous offrez des plaisirs

Que ne comprennent pas les vulgaires profanes.

Charles Beaudelaire dans Le Spleen de Paris : Petits poèmes en prose

Une chanson de Christophe Maé – Spleen

Publié 7 septembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures, Voyages et errances

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