Éveillez le Bouddha qui est en vous

Bouddhas

Il y a bien longtemps, en Chine, un jeune moine demanda à son maître zen : « Qu’est-ce que l’éveil ? Comment est-ce pour vous ? » À quoi le maître répondit : Quand je mange, je mange. Quand je dors, je dors. »

On ne fait généralement guère attention à ce qu’on dit ou fait. On mange, sans vraiment manger ; on dort, sans vraiment dormir. Notre esprit est distrait, nos pensées partent dans tous les sens. On est souvent trop occupé à se lamenter sur le passé ou à s’y raccrocher, quand on n’est pas en train d’anticiper l’avenir ou de le redouter. Au lieu d’habiter pleinement son corps et de ressentir son vécu, on n’est qu’à demi conscients – dans les meilleurs cas. Pas complètement présents, à peine conscients. Pour preuve de ce triste état de choses, les bêtises et les aberrations qu’on commet en traversant l’existence comme en pilote automatique.

À force d’être si occupé et si pressé, on oublie de rester en contact avec ce qu’on est et ce qu’on fait. Si bien qu’on passe à côté de la beauté et de la tristesse, à côté de la réalité de sa vie, de sa texture particulière. On passe à côté de la vérité de ses expériences, d’instant en instant. Le manque de vigilance nous rend inattentif : on blesse les autres sans réfléchir, parfois même sans s’en apercevoir. Et l’on se fait soi-même du mal. On s’endort continuellement aux commandes de sa vie, risquant toutes sortes d’accidents physiques autant qu’affectifs.

Faute d’être pleinement conscients, on marche sur la fourmi, ou pire. On ne fait pas attention à son vécu dans l’immédiateté de l’instant présent et, quand enfin on lève le nez, on est déjà embarqué dans des relations personnelles désastreuses. Faute d’être attentif aux êtres qui nous sont chers, on se retrouve avec des enfants distants et des conjoints furieux. Le manque de vigilance et de conscience alerte a des répercussions dans tous les domaines, depuis les clés qu’on égare jusqu’aux vies qui dérapent. Conscience du présent et vigilance signifient savoir ce qu’on fait et ce qu’on dit. Contrairement aux apparences, il n’est pas facile de vivre pleinement le moment présent. Pas plus que de maintenir une conscience lucide et de rester vigilant.

Lama Surya Das dans Éveillez le Bouddha qui est en vous

Une pièce musicale de Petit Bouddha Sukothai

2 réflexions sur “Éveillez le Bouddha qui est en vous

  1. Le texte est beau, mais cette partie là  » Notre esprit est distrait, nos pensées partent dans tous les sens. On est souvent trop occupé à se lamenter sur le passé ou à s’y raccrocher, quand on n’est pas en train d’anticiper l’avenir ou de le redouter. Au lieu d’habiter pleinement son corps et de ressentir son vécu, on n’est qu’à demi conscients – dans les meilleurs cas. Pas complètement présents, à peine conscients » est plus beau encore. Merci beaucoup… Ça donne à réfléchir…

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