Pour l’amour du monde

ImAGE Lotus

L’interstice entre les pensées – comme entre les respirations ou les humeurs – nous permet d’entr’apercevoir l’esprit nu, l’esprit qui n’est pas obscurci par des idées préconçues et des modèles de la mémoire. C’est cet éclat nouveau qui nous surprend et nous fait accéder à l’Éveil, qui nous rappelle que les nuages ne sont que des soucis superficiels et temporaires et que le soleil brille que nous le voyions ou non. Prendre note de cet interstice nous fait découvrir un esprit qui ne cherche pas à s’accrocher à une histoire de perte ou d’amour, à une étiquette de gloire ou d’infamie, ou à une maison, une personne, un animal familier. C’est l’esprit affranchi des fausses perceptions qui nous enferment dans des cycles répétitifs.

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Nous aimer en dépit de toutes les raisons de nous détester. Nous ne sommes pas parfaits, un être parfait n’est qu’un fantasme, la réalité est autrement plus subtile, mouvante, vivante. S’aimer soi-même, sans vanité, sans forfanterie, ou plutôt aimer l’être vivant, aimer la vie, s’aimer comme un don ou une grâce, comme le numéro chanceux sorti de la loterie de la chimie et de la biologie.

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En nous comparant, nous sommes à côté de nous-mêmes.

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D’ailleurs, il est impossible pour l’homme d’accomplir quoi que ce soit s’il ne part pas de ce qu’il est.

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Pour aller loin, il faut d’abord faire le premier pas, partir du plus près. C’était d’ailleurs tous le sens de l’entreprise nietzschéenne : réconcilier, à l’encontre de l’idéalisme chrétien, l’homme avec lui-même, avec le corps et avec la terre. Il ne s’agit pas d’une philosophie de l’autosatisfaction puisque, en partant de lui-même, l’homme avancera et créera. Si l’homme crée « par-delà lui-même », il le fait toutefois en s’appuyant sur lui-même tel qu’il est, avec ses faiblesses, ses soi-disant défauts, par exemple son égoïsme es son agressivité, enfin avec l’intelligence de son corps entier reliée à celle de la terre. Si l’on ne part pas de ce que l’on est, on ne va nulle part, on ne parvient même pas à partir.

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L’homme est un être de terre et de chair, et on ne tient pas suffisamment compte de ce qu’il est. On le prend pour un esprit, on a de lui une vision abstraite, et on l’oblige à se conformer à une telle vision.

Yongey Mingyour dans Pour l’amour du monde

Une pièce musicale Olafur Arnalds – Happiness Does Not Wait

Une réflexion sur “Pour l’amour du monde

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