Accepter

Bhoga : jouir et faire l’expérience des choses

Le mot bhoga a une connotation péjorative dans de nombreux textes traditionnels qui opposent couramment bhoga : jouissance des sens, jouissance matérielle, à yoga : effort spirituel. Svâmi Prajñânpad prend délibérément le contre-pied de cette interprétation.

On peut hésiter à traduire bhoga par jouissance et bhogin par jouisseur, qui, en français, désigne celui qui recherche le plaisir de la chair et des sens.

Bhoga a une connotation beaucoup plus large, plus proche du mot « expérience ». Le bhogin fait l’expérience non seulement des choses agréables mais aussi des choses désagréables, du plaisir comme de la peine. Le corps physique est appelé « bhoga-âyatana » (lieu d’expériences). Le mot bhoga peut se traduire par expérience avec une connotation sensuelle, une participation de tous les sens à ce qui est expérimenté. Svâmi Prajñânpad lui donne un sens tout à fait positif : « Pas de croissance possible sans bhoga. » C’est le mode de croissance le plus direct, le plus naturel. Ainsi un enfant ne peut abandonner ses jouets que lorsqu’il a épuisé tout le plaisir qu’il pouvait en tirer.

Jouir de ce que l’on fait

– Il n’y a rien de mal à faire l’expérience (bhoga) d’un désir qui apparaît en vous pourvu que vous l’acceptiez de manière délibérée.

– On ne peut dissoudre (ksaya) le karma sans faire l’expérience des choses (bhoga)…Vous êtes endetté du fait des actions dont l’origine se trouve dans vos samskâra.

– Le corps physique est bhogâyatana : le lieu d’expérience de la santé et de la maladie, du plaisir et de la peine. Le bhoga dépend du karma.

– On ne peut trouver de soulagement aux conséquences de son karma sans bhoga. Même Yuddhisthira, l’incarnation du Dharma, soutenu par Krsna, n’a pu y échapper.

– Le karma ne peut être dissous sans le bhoga de ce karma. Le bhoga doit compléter son cours… laissez s’accomplir ce qui doit être expérimenté (avoir son bhoga).

– Pendant toute la durée de sa vie, on doit passer par l’expérience (bhoga) de la prospérité et de l’adversité, du plaisir et de la peine. Le bhoga de l’adversité est aussi un bhoga.

– Plus la variété des expériences dans la vie d’une personne est grande et profonde, plus il assimile de manière intense et intelligente ses expériences, plus sa vie devient heureuse (blissful) et riche (potent).

– Acceptez l’infinie variété du monde extérieur ; absorbez-la, assimilez-la.

– Faire l’expérience de la variété est le fondement de l’adhyâtma.

– Tout ce qui est arrivé dans votre vie est bhoga. Il ne vous arrive que ce qui a une relation avec vous.

– Une seule jouissance (enjoyment) est suffisante pour vous rendre libre de cette jouissance.

Daniel Roumanoff dans Svami Prajnanpad, un maître contemporain – Vol 2 : Le Quotidien illuminé

Une pièce musicale de Hania Rani — ‘F Major’

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