Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc

Flèche

Le Japonais conçoit l’art du tir à l’arc non pas comme une capacité sportive que l’on acquiert par un entrainement physique progressif, mais bien comme un pouvoir spirituel découlant d’exercices dans lesquels c’est l’esprit qui ajuste le but, de sorte qu’à bien le mirer l’archer se vise aussi lui-même et que peut-être parviendra-t-il à s’atteindre.

*

Vos flèches manquent de portée, fut la remarqué du maître, parce que spirituellement vous ne portez pas assez loin. Comportez-vous comme si le but était l’infini.

*

Ensuite, le maître se fit un devoir d’établir sans tarder les rapports entre le tir à l’arc et l’acte respiratoire auquel on ne s’exerce pas pour lui-même. L’acte global de la tension de l’arc et du tir fut décomposé en périodes : saisir l’arc, y poser la flèche, élever l’arc, le bander, le maintenir au maximum de tension, lâcher le coup. Chacun de ces actes partiels était introduit par une inspiration, soutenu par la retenue du souffle, refoulé et terminé par une expiration. En agissant de la sorte, l’acte respiratoire s’insère tout naturellement dans le processus, accentue notablement positions et actes particuliers et surtout les relie intimement les uns aux autres en un déroulement rythmique qui varie suivant les facultés respiratoires de chaque tireur.

*

…par la main qui, en possession de la technique, exécute, et rend visible son rêve, juste au moment où l’esprit commence à élaborer des formes, sans qu’il y ait entre conception et réalisation l’épaisseur d’un cheveu.

*

Si l’on veut vraiment maîtriser un art, les connaissances techniques ne suffisent pas. Il faut passer au-delà de la technique, de telle sorte que cet art devienne « un art sans artifice », qui ait ses racines dans l’Inconscient.

*

L’homme, l’artiste, l’œuvre forment un tout. L’art du travail intérieur, de l’œuvre qui ne se sépare pas de l’artiste comme une production extérieure, de cet ouvrage qu’il ne peut exécuter mais au contraire qu’il est toujours, surgit des profondeurs qui ne connaissent pas le jour.

Le chemin de la maîtrise est abrupt.

Eugen Herrigel dans Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc

Une pièce musicale Tsuru no Sugomori

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s