Ramana

Ramana n’a jamais pratiqué autre chose que la plongée en soi. En 1946, un professeur de philosophie l’interrogea :

« Dans les vies des mystiques occidentaux nous trouvons des descriptions du chemin mystique avec ses trois étapes bien définies de purgation, d’illumination et d’union. L’étape purgatoire correspond à ce que nous appelons la période de sâdhana [ou de développement spirituel]. Y a-t-il eu une période similaire dans la vie de Bhagavân ? »

Ce dernier fit une réponse particulièrement claire :

« Je n’ai pas connu de telles périodes. Je n’ai jamais pratiqué aucun prânâyâma [exercice yogique du souffle] ni aucun japa [récitation de mantra]. Je n’avais aucune notion de méditation ni de contemplation. Même quand j’ai entendu par la suite ces choses, je n’ai jamais été attiré par elles. Maintenant encore, mon esprit refuse de leur prêter attention. Une sâdhana [une pratique] implique quelque chose à gagner et un moyen pour le gagner. Qu’avons-nous à gagner que nous ne possédions déjà ? Dans la méditation, la concentration et la contemplation, nous n’avons pas à penser, mais à rester tranquilles. Alors nous sommes dans notre état naturel. On donne beaucoup de noms à cet état naturel – moksha (délivrance), jnâna (connaissance), âtmâ (Soi), etc. et ils donnent lieu à maintes controverses. Il fut un temps où je restais les yeux clos. Cela ne veut pas dire que je pratiquais une sâdhana. Maintenant encore je reste parfois les yeux fermés. Si les gens veulent dire que je pratique alors une sâdhana, qu’ils le disent. Cela ne fait aucune différence pour moi. Les gens ont l’air de croire qu’en pratiquant une sâdhana sophistiquée le Soi descendra un jour sur eux sous la forme de quelque chose d’énorme, doté d’une gloire immense et qu’ils nommeront alors cela sâkshâtkâram [l’accomplissement évident]. Le Soi est certes sâkshât [évident], mais il n’y a aucun kâram [accomplissement], rien de kritam [rien qui soit fait]. Le mot kâram implique l’accomplissement de quelque chose. Mais le Soi est « accompli » non pas en faisant quelque chose, mais en s’abstenant de faire quoi que ce soit – en restant tranquille et en étant simplement ce que l’on est. »

Tout cela est limpide : Ramana n’a une qu’une seule « pratique », celle de la plongée en soi.

Ramana Maharshi dans Oeuvres sanskrites

Une pièce musicale de Saranagathi Peaceful Song (Ramana Maharshi)

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