La prophétie de la rivière

L’amour, quand il a transformé ton dedans, Elijah, c’est… plus que les mots qui s’écrivent, rappelle-toi ça, quand tu écriras, Elijah, rappelle-toi quand tu écriras, tu parleras dans la clarté de tes mots, mais derrière, il faudra faire deviner et sentir les mots qui n’ont de signes que dans le cœur, dans le silence, et dans la nuit. Les mots qui ne s’écrivent pas, mais qui se ressentent, qui s’éprouvent, dans l’âme, là où tout s’écrit, là où rien ne peut se lire de dehors, tu comprends ?

Si je pouvais écrire, j’écrirais des livres où la vraie histoire n’est pas visible, avec les signes qu’on écrit, mais elle serait comme ce qui se respire, une part d’ombre si douce quand le soleil a beaucoup brûlé le dos, une part d’ombre qui garde sa lumière comme un secret, comme un parfum. Tu comprends, Elijah, tu comprends ?

*

Il te faudra trouver les mots  qu’on ne lit pas, secrets et si vivants  que  rien ne les effacera jamais dans le cœur de ceux qui entreront dans tes  pages, Elijah, des mots assez puissants pour se poser dans l’être de  ceux à qui ils seront lus parce qu’ils ne savent pas lire, il te faudra veiller et accueillir ces mots-là, si rares et si  pleins de vérité et de tendresse,  que la dureté n’est jamais si dure que  leur  tendresse peut être tendre,  et que  la  méchanceté des sans amour n’est jamais si laide que la  lumière d’aimer ne peut un jour les atteindre et leur donner le désir de changer. Il te faudra trouver ce chemin qui va doucement vers le cœur du cœur et l’âme de l’âme, là où tout s’écrit, se garde, et là où rien ne peut se lire qui ne soit pas intérieur, tu comprends ?

*

Écris, Elijah, pour ne pas oublier la beauté d’aimer. Écris. Il te faudra trouver les mots qui n’ont pas d’apparence, pas trop, mais qui diront le secret, le silence, et cet endroit où habite à jamais l’amour qui n’a connu du bonheur que l’espérance. Je te l’ai dit, parler de l’amour, c’est parler de notre espace divin, ou de notre plus grande lumière, qui fait la clarté pour faire deviner les mots des regards, les mots du silence, les mots des baisers.

Olympia Alberti dans La prophétie de la rivière

Une pièce musicale de MacMillan River – Love Song

Les paroles sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Jerry-Alfred-The-Medicine-Beat/MacMillan-River-Love-Song

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