Le fil de la merveille

Cette traversée, nous ne l’effectuons pas seuls, mais, bon gré, mal gré, avec la caravane de la génération avec laquelle nous nous sommes mis en marche et dont les rangs iront s’éclaircissant jusqu’à terme1. » Ce long périple est fait d’expériences initiatiques successives, au cours desquelles nous apprenons à vivre et à mourir. Chacune de ses étapes nous permet de nous rencontrer et de nous transformer. Elle nous invite à révéler notre être profond, à le faire dialoguer avec le Tout Autre et les autres, nos compagnons dans cette grande aventure. Ainsi « une révélation guette celui qui avance le cœur et les yeux ouverts – sans précipitation et tant qu’il se peut sans regret. Après s’être vu dépouillé en chemin de ce qu’il avait un temps possédé, le voilà bientôt, à sa grande surprise, comblé d’autres biens dont il ne soupçonnait, jusqu’alors, ni l’existence, ni le prix. Il apprend – et sa reconnaissance alors n’a pas de bornes – que rien ne lui est ôté en cours d’existence, sans qu’autre chose d’aussi précieux ne lui soit donné en contrepartie », ajoute-t-elle. Tel est le sens de la vie pour Christiane, et la voie qu’elle a entreprise jusqu’au bout, pour devenir de plus en plus « transparente à la lumière » et incarner l’Amour.

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Ce seuil, ce seuil, comme à l’instant où tous prêtent l’oreille à l’église quand la mariée va dire ‘‘oui’’. Ce silence insoutenable, ce silence où tout se joue à tout jamais quand on y est confronté une fois, ce silence où tu es la mariée d’on ne sait quelles noces, où subitement ce qui se passe là te concerne toi, où tu es appelée par ton nom sans qu’une voix se fasse entendre.

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J’y repense peut-être tous les vingt ans dans ma vie, mais c’est chaque fois comme le baiser du prince sur les lèvres de la Belle au bois dormant, c’est le réveil, le rappel à ce que je suis dans ma profondeur.

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Un silence qui n’a plus besoin pour vibrer de la cessation des bruits, ce silence qui n’est autre que la présence à notre être profond, où la dualité bruit-silence se fond dans le principe de l’émerveillement, dans la perte du moi, dans cet amour qui n’a plus besoin d’objet pour brûler, et qui est l’état de grâce. » Tel est l’ébahissement sacré où elle baigne dans ses jeunes années, et où elle reviendra plus tard après s’en être éloignée.

Audrey Fella dans Christiane Singer, une vie sur le fil de la merveille

Une pièce musicale Baroque and Blue: Suite No.1 for Flute and Jazz Piano

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