Saveur du temps

Ce qu’est ce livre au fond, c’est un exercice d’admiration — tempérée, ici ou là, par l’inquiétude ou l’ironie. Admiration pour les hommes, admiration pour les œuvres, admiration pour la beauté du monde. Dans une époque plus portée à la dérision qu’à l’admiration, voilà un défi un peu audacieux. Je le relève sans trop de crainte. Nous vivons une période suffisamment préoccupante pour que, de temps en temps, nous essayions de viser un peu plus haut et de rendre à l’espérance des couleurs trop souvent défraîchies.

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J’ai toujours défendu l’idée qu’il n’y a pas de devoir de culture et que la littérature est d’abord un plaisir. Un plaisir très haut et qui exige souvent des efforts. Mais enfin, un plaisir.

Corneille : « La poésie dramatique a pour but le seul plaisir de spectateur. »

Racine : « La principale règle est de plaire. »

Molière : « Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire. ».

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Nous n’avons, après tout, que quelques années à passer dans ce mystère qu’est la vie. Autant l’éclairer par un peu de beauté, de passion, d‘amusement. C’est ce que j’appelle la culture.

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Une des fonctions les plus mystérieuses et les plus constantes du temps est d’élever le hasard à la dignité de la nécessité. Le monde avance à coups de rencontres et le temps passe qui les transforme en fatalité.

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Jean d’Ormesson dans Saveur du temps : Chroniques du temps qui passe

Une pièce musicale de Herb Ellis & Remo Palmier ‎– Windflower

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