L’émerveillement

Au lieu de supposer que l’émerveillement est le propre des enfants et des ingénus, une émotion agréable et passagère dont on se défait en comprenant l’objet qui l’a provoquée ou en revenant aux choses sérieuses, je vous invite à penser qu’il n’y a rien de plus adulte ni de plus sérieux que de s’émerveiller.

L’émerveillement n’est pas une simple émotion, mais une capacité de l’être. Il nous ouvre au monde, révèle heureusement notre ignorance et nous offre une forme de connaissance à la fois plus libre et plus intime.

L’émerveillement nous échappe et il doit nous échapper, il nous oblige à recommencer toujours, à se retrouver sans cesse au commencement.

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Avant d’écrire, on s’émerveille. En écrivant, on s’émerveille toujours. Sinon, ce n’est pas la peine de commencer.

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L’émerveillement est une des raisons d’être de la littérature, une des raisons pour lesquelles elle existe. La littérature invente, d’ailleurs, tout ce qu’elle touche. Elle ne met pas en phrases ou en vers un savoir acquis ; elle part à la recherche d’un savoir qui ne se sait pas encore, et elle constitue un mode de savoir qui n’appartient qu’à elle.

Michaël Edwards dans De l’émerveillement

Une pièce musicale de Hans Zimmer and Lisa Gerrard – Wheat and Sorrow

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