Les États d’âme

Chaque fois que possible, se méfier des interruptions. Cela concerne souvent l’environnement de travail : ne pas travailler à son ordinateur avec sa boîte à mails ouverte, débrancher son portable. S’accorder dans la journée de travail au moins une période d’une ou deux heures où on ne répond pas au téléphone, ni évidemment aux mails et SMS. On a pu montrer à quel point les interruptions amoindrissent notre efficacité au travail, les comparant même, en termes d’effets sur notre QI, à la prise d’un joint de marijuana. Et, à la différence de la marijuana, les interruptions ont plutôt un effet stressant. S’accorder le luxe gratuit de la continuité.

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Parfois, la vie consciente provoque en nous des attitudes, ou des envies inhabituelles.  Par exemple, face à certaines questions que l’on nous pose, oser dire:  « C’est difficile, je prends un peu de temps pour réfléchir, si vous le permettez.  » Et on s’arrête pour réfléchir. Au lieu de répondre tout de suite avec du prêt-à-penser pas forcément adapté. Pourquoi ne le fait-on pas plus souvent ? Pas seulement parce que c’est délicat socialement de faire attendre les autres. Pas seulement parce qu’on n’est pas sûr qu’attendre et réfléchir va nous aider à trouver la réponse, si elle n’était pas déjà dans un des tiroirs prêts à l’emploi de notre mémoire. Pas seulement parce qu’on craint que notre interlocuteur ne nous trouve – tout de même – un peu bizarre. Non, on répond tout de suite parce que c’est comme ça, que c’est ce qui se fait et dont on a l’habitude. Mais alors, ça veut dire qu’on ne sortira jamais des rails, qu’on ne sera jamais surpris ou enrichi par une question ! Que nos réponses ne seront que des réponses déjà données ailleurs ! Que la question ne nous fera pas vraiment réfléchir ! Réfléchir, ce n’est pas toujours chercher une réponse.

En réalité, on fait souvent ce travail après coup, de se dire : tiens, c’était bizarre, cette question m’a intrigué, déstabilisé, touché. Mais parfois, on aurait intérêt à se le dire en temps réel, intérêt à en parler avec la personne. Mais cela prend du temps, de réfléchir davantage…

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La vie consciente, c’est la vie normale, tout simplement. Mais avec une permanence d’ouverture et de sensibilité. Une permanence d’accueil pour le banal et l’exceptionnel. La vie consciente, c’est la vie maintenant. Compliquée, confuse, imparfaite, bancale.

Christophe André dans Les États d’âme

Une pièce musicale de AMS Exclusive Tony Levin Bass Performance – Chapman Stick

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