Se représenter l’autre

Il n’est pas toujours facile de percevoir les humains qui nous entourent tels qu’ils sont, et ce n’est pas dû à de la mauvaise volonté. En fait, nous devons composer avec plusieurs couches psychologiques, sociales et émotionnelles qui brouillent notre perception.

Nous connaissons tous le phénomène de projection qui fait en sorte que nous voyons les autres à travers nos attentes ou nos désirs, nos peurs ou nos appréhensions. En mode projection, nous ne voyons pas réellement l’autre, nous ne voyons que ce qu’ils réveillent en nous.

Il y a aussi les biais cognitifs qui fait en sorte que nous interprétons une situation à partir de nos opinions ou de nos hypothèses au lieu de décoder les faits.

Et si nous réussissons à contrôler une bonne part de notre représentation de l’autre, sommes-nous en mesure de dépasser l’image sociale, cette version contrôlée de soi que l’on projette et qui masque les intentions ou les vulnérabilités ?

Et il faut le reconnaître, il nous arrive tous d’avoir de la difficulté à reconnaître des choses inconfortables chez l’autre, par exemple lorsque nous sommes dans une relation intime.

Pour pouvoir voir l’autre tel qu’il est, nous devons au préalable accepter d’être vus. Et cela demande du courage d’accepter la réciprocité.

Voir l’autre tel qu’il est demande une compétence relationnelle qui se développe avec la maturité, l’expérience et l’honnêteté envers soi-même.

Pour cela, nous devons développer certaines capacités, tel que :

Observer sans juger trop vite. 

Écouter ce qui est dit… et ce qui ne l’est pas, car les silences, les hésitations, les contradictions sont souvent plus révélateurs que les mots.

Accepter la complexité et l’ambiguïté, car une personne peut être généreuse et égoïste, courageuse et fragile.

Distinguer l’intention du comportement, car bon nombre de maladresses viennent de la peur, pas de la malveillance.

Reconnaître nos propres filtres, car nous ne voyons jamais totalement ce qui est devant nous. Nous pouvons apprendre à repérer nos déformations.

Par une approche d’entraînement de l’esprit, il est possible d’apprendre à ralentir nos réactions, à poser des questions au lieu d’imposer nos opinions, à prendre de la perspective en analysant les situations sur la durée plutôt que les paroles ponctuelles, et à développer notre propre clarté intérieure, car plus nous nous connaissons, mieux nous allons avoir une représentation plus juste des autres.

Une chanson de Barbra Streisand interprétée par Luce Dufault · Kim Richardson · Lulu Hughes – No More Tears (Enough Is Enough)

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/292120.html

Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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