Par la liberté intérieure

Une conception très répandue de la liberté est négative. Elle est conçue par ce dont on est libéré, libre de nos chaînes, libre du lien toxique, libre des obligations ou encore libre d’une dépendance. Bien que cette conception de la liberté soit réelle, elle est fondamentalement fragile. Pourquoi ?

Parce qu’elle est toujours relative à une prison. Elle se définit par ce qu’elle nie, non par ce qu’elle est. Et une liberté qui dépend de l’absence de quelque chose reste, en son cœur, définie par ce quelque chose. Celui qui dit « je suis libre parce que je n’ai plus de chaînes » pense encore aux chaînes. Les chaînes ont disparu, mais elles habitent encore l’esprit.

C’est le paradoxe fondamental, on peut être physiquement libre et intérieurement emprisonné. Et inversement, on peut être physiquement enchaîné et intérieurement libre.

En lisant les textes de Etty Hillsum, de Viktor Frankl, de Nelson Mandela ou d’Épictète, nous constatons que ces prisonniers ou esclaves tiennent le même propos, la vraie liberté est inaccessible à toute contrainte extérieure, parce qu’elle réside hors de portée des contraintes extérieures.

Jiddu Krishnamurti a bien démontré par ses écrits qu’être affranchi des contraintes d’un système donné ne signifie pas être libre si l’on reste conditionné par les structures mentales que ce système a créées en nous.

Il nous amène à faire face à une grande interdépendance, nous affranchir pour acquérir plus de droits, plus d’espace, moins de contraintes, ou chercher à lâcher, pour moins d’attachements, moins de résistances, moins de besoins que les choses soient autrement qu’elles sont.

La liberté extérieure change les circonstances. La liberté intérieure change celui qui vit les circonstances. L’une dépend du monde. L’autre ne dépend de rien, et c’est précisément pourquoi elle est l’ultime liberté que personne ne peut jamais nous prendre.

L’ultime liberté n’est pas un horizon à atteindre après avoir tout réglé. On pourrait la représenter comme une façon d’être maintenant, dans l’inconfort, dans l’incertitude, dans l’imperfection, qui reconnaît que ce qui observe tout cela en nous n’a jamais été enchaîné.

Une chanson de Johnny Clegg (With Nelson Mandela) – Asimbonanga 

Les paroles sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Johnny-Clegg-feat-Savuka-2/Asimbonanga-Mandela/traduction/francais

Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

COPYRIGHT – DROIT DE REPRODUCTION – La reproduction de cet article sur un blogue ou un site est autorisé à condition de respecter :   * L’intégralité du texte — Vous ne devez pas modifier, transformer ou adapter ce texte. * Le droit d’auteur — Vous devez citer le nom de la source (avec un hyperlien vers l’article original de préférence). * La finalité sans but lucratif — Vous n’avez pas le droit d’utiliser cette création à des fins commerciales. Si j’ai utilisé vos textes/photos et que vous souhaitez que je les retire, merci de me contacter en commentaire, ce sera fait rapidement.

Laisser un commentaire