Apprentissage de la sérénité

Il y a tant de façon de fuir nos vies et de ne pas être présent à l’instant.

On peut se réfugier dans des actions inutiles ou utiles, devenir alors des « prisonniers de l’action »…

On peut se réfugier, aussi, dans des ruminations ou dans des rêveries ou des espoirs…

On peut se réfugier dans des certitudes…

On peut être victime de vols répétés de conscience. Notre époque est caractérisée par les « vols d’attention » : les interruptions de la publicité, des coups de téléphone, etc.

On peut refuser de laisser faire la vie et s’enfermer dans un problème ou pseudo-problème, et ne pas vouloir lâcher prise tant qu’on ne l’a pas résolu…

Et puis, on peut vouloir simplement refuser la douleur de certains moments de la vie. Refuser d’éprouver l’expérience de la souffrance, ou du désagréable, simplement… Pour ne pas ressentir le désagréable, je m’efforce de ne plus rien ressentir du tout. Je me blinde, je me durcis. Je me prive du goût de la vie…

Pas présents, pas conscients, comment pourrions-nous alors être heureux ? Au mieux, être parfois soulagés, satisfaits, pas trop malheureux…

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Si souvent il nous arrive de ne pas être dans ce qu’on fait. D’être à côté…
A côté de nos bonheurs… A côté des petites choses pas importantes… A côté des moments importants…

L’instant d’avant dévore l’instant présent…Ou l’instant d’après occupe nos pensées. L’instant présent n’existe plus : noyé dans le néant.
Mais passer à côté du présent, est-ce que ce n’est pas passer à côté de sa vie ?

Christophe André (1956 -) est médecin psychiatre dans le service Hospitalo-Universitaire de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, spécialiste de la psychologie positive.

Christophe André dans Les états d’âme : Un apprentissage de la sérénité

Une pièce musicale de Ravel: Rapsodie espagnole, M. 54: II. Malagueña

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