
Le haïku est simplicité, légèreté, mise à nu de l’essentiel. Le haïku, c’est sur une table de bois, une fleur des champs. C’est le temps accordé au silence. Une grâce, un secret. Un oiseau qui se pose. Un instant sauvé, une brindille d’éternel. Un haïku, c’est la chance offerte de tout deviner, de tout comprendre, de tout aimer, en un éclair de trois vers.
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Le haïku est un poème singulier, presque un exercice spirituel. Résultat d’un extrême raffinement, produit de siècles de culture, le haïku ne révèle sa saveur qu’aux esprits accueillants, aux cœurs attentifs. Le haïku est simplicité, légèreté, mise à nu de l’essentiel
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L’auteur de haïku doit renoncer le plus souvent aux adjectifs, et toujours aux métaphores, aux « violons de l’automne », aux flamboiements, à la colère, au romantisme, à la nostalgie complaisante. Travail de nudité. Il doit saisir avec force l’image, rassembler dans sa main le présent tout entier, et laisser place au silence. Il s’efface, pour que naisse en un cœur l’étincelle, pour donner une chance si infime soit elle à l’Absolu. L’éternité est maintenant. L’auteur de haïku doit attendre le moment privilégié et ne rien attendre, être vigilant, accueillir.
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Inventer des haïkus avec un grain d’humour, doser l’image, le sourire, la tendresse, la lucidité, la pointe légère, cueillir l’instant qui passe est un exercice de salubrité personnelle.
Henri Brunel (1928-2020) a été proviseur de lycée, mais également professeur de yoga pendant plus de trente ans.
Henri Brunel dans Les plus beaux contes zen
Une pièce musicale de Real Music Sampler: Life by The Haiku Project
