Désirs, passions et spiritualité

Mon maître est un grand magicien répond l’adepte chan. Quand il a soif, il boit, quand il a faim, il mange, quand il est fatigué, il se couche.

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Adhère profondément à la Réalité, avec le Cœur de ton être, rien d’autre n’est à rechercher.

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La quête de cette félicité simple, dégagée des dogmes et des croyances religieuses, de la soumission à une prêtrise et de l’espoir d’être sanctifié par d’autres, est l’objet de la recherche de chacun, c’est une voie laïque par excellence. Nous voulons simplement l’indépendance, l’harmonie, une jouissance du monde continue et profonde qu’aucune peur, qu’aucune angoisse ne vienne ternir.

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L’abandon de notre potentiel fondamental ne vient pas seulement de notre éducation, des difficultés de la vie, de la nécessité de s’y faire une place. Il vient avant tout de notre univers de pensée, de notre mythologie, de nos religions, de nos concepts liés aux textes bibliques et à la genèse. La faute originelle, la chute, le rachat sont de puissants principes d’inhibition et de culpabilité. Ils conditionnent notre concept de séparation.

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J’ai profité de ce voyage à travers l’unité de l’être pour montrer à quel point les grandes voies absolues du bouddhisme tibétain, de mahâmudrâ et du Dzogchen mais aussi celle du bouddhisme chinois des origines, le Chan, qui ont puisé leurs sources auprès des Siddha du Cachemire et d’Oddiyâna, convergeaient vers cette totale acceptation de la nature absolue de l’être humain dans l’exploration d’une troisième voie marquée par le tantra.

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C’est cette voie sans négation ni transcendance que j’explore depuis trente ans, d’abord avec mon maître tibétain, Kalou Rinpoché, puis avec mon maître shivaïte cachemirien, la yoginî Lalitâ Devî de laquelle j’ai reçu l’autorisation de transmettre à mon tour cette voie directe et spatiale, celle de la reconnaissance du Soi (Pratyabijñâ).

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C’est tout le combat de l’impulsivité contre le spontané. L’impulsivité est brutale et destructrice car inconsciente de l’autre et du monde. Le spontané est plein de grâce car immédiatement accordé par la conscience à la réalité de l’environnement.

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Depuis lors, on dit dans le tantrisme que la femme représente la puissance et que l’homme incarne la capacité d’émerveillement. Un hymne à la Déesse du « Saktisangama Tantra » chante cette force créatrice.

Daniel Odier (né en 1945 à Genève) est un écrivain, essayiste, poète et maître spirituel suisse. Il est particulièrement reconnu pour ses ouvrages sur le tantrisme (notamment le shivaïsme cachemirien) et le bouddhisme Chan (zen chinois)

Daniel Odier dans Désirs, passions et spiritualité : l’unité de l’être

Une pièce musicale de Eric Aron – Dao