La grande mélodie

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Elle pensait qu’il fallait vivre dans la réalité, pleinement et intensément et pour cela, elle avait la ferme conviction qu’elle devait cesser de rêver. Pour elle, le rêve c’était la fuite et une forme d’absence qu’est la non-présence.

Elle se forçait à dormir le moins possible, à faire le plus de choses durant le jour pour rester éveillée. Elle se disait que la personne éveillée a la chance de choisir ses rêves et non les subir.

Toutefois, la qualité de son éveil diminuait au fil du temps au point que sa qualité de vie en était affectée. Elle se disait que c’était normal, toute démarche importante et déterminante devait impliquer une transformation par la souffrance.

Jusqu’au jour où elle se réveilla dans un lit d’une urgence. Ce fut à partir de ce jour que tout bascula.

Elle se mit à entendre la musique de sa vie. Au début, c’était qu’une faible pulsation, dont le rythme, semblait constante. Mais en prenant le temps d’écouter attentivement, parfois le rythme accélérait, parfois il ralentissait. Et de nouveaux sons sont apparus. Elle aimait découvrir ce qui se jouait en elle.

Il lui est même arrivé de se pincer, car elle croyait parfois que cela n’était qu’un rêve.

Elle découvrit au fil du temps que la mélodie de sa vie était à sa façon harmonieuse. Elle commençait à une période, puis se terminait avant de reprendre plus tard. La mélodie était riche de notes, de rythmes créant des silences et des pauses. Elle en arrivait parfois à se demander si les silences étaient issus des notes, ou si les notes étaient issues du silence. Il en était de même pour ses états de conscience ou les rêves et la réalité se généraient.

Le jour où elle accepta de se relever de son lit à l’urgence, elle avait implicitement accepté l’importance des pauses et des silences non plus comme des arrêts du cœur, mais comme faisant partie d’une grande œuvre qui lui permettait de se dévoiler.

Entendez-vous la grande mélodie?

Une chanson de Julien Clerc – Let the sunshine

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/959919.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Qui est le sage pour toi?

Lotus

Qui est le sage pour toi?

Celui qui sait!

Donc, il faut tout savoir pour être sage?

J’imagine!

Moi, tu vois, je crois que dans ta vie, le sage c’est toi.

Comment pourrais-je être sage, je ne sais pas grand-chose?

En te laissant guider par ce que tu ressens! Aucune personne ne pourra vivre ton chemin à ta place, mais la sagesse, c’est d’accepter d’être aidé, de savoir écouter, entendre et comprendre les signes que des personnes, qui de leur propre perspective, voient un sens au trajet que tu as entrepris.

Une chanson d’Harmonium – Comme un sage

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La voie humaine

ImAGE amour musique

Dès l’instant où nous cessons d’entendre la musique, que nous nous arrêtons et que nous l’écoutons réellement.

Dès l’instant où nous franchissons la frontière du son, que nous captons les notes, les intonations, les pauses, que le rythme vient habiter le ventre, que le timbre de la voix nous interpelle et que nous ressentons le cumul des notes dans un accord.

Dès cet instant, la musique n’est plus un divertissement, mais un monde à explorer, un espace que nous font partager les chanteuses et chanteurs, les musiciennes et musiciens, pour nous communiquer une vision de la perspective de leur nouvel horizon et partager leur composition de la vie.

Il est bon de prendre en compte dans nos jugements que dans un même endroit, des personnes peuvent entendre le son et d’autres écouter une création musicale dévoiler une représentation du monde.

Avec un peu d’attention, nous pouvons prendre conscience que lorsque nous franchissons les frontières des mots et des sons doucement s’éteint le concept de réalité absolue.

Nous abordons alors quelque chose de plus grand, d’innommable et d’infini.

Une chanson de Catherine Major interprétée avec Daniel Lavoie, Moran et Alexandre Desilets La voix humaine

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Une porte pour la paix

La clé

Un matin (nous étions à nouveau au bord de la rivière), El Chura m’a pris par le bras et m’a soufflé à l’oreille :

– Aujourd’hui tu vas apprendre son langage. Elle a des choses à te dire.

– Comment apprendre le langage de l’eau, Chura ?

– Plonge ton visage dedans, et écoute.

– Mais, Chura, je vais m’étouffer.

– Cesse de te raconter des histoires. Fais ce que je te dis.

Il a tourné les talons, et il est parti. Il n’était pas loin de midi. J’ai hésité à m’agenouiller là, sur la berge de la rivière. Quelqu’un pouvait à tout instant venir. Je craignais de passer pour un jobard si j’étais surpris à plonger ma tête dans le courant, le cul en l’air, comme un flamant rose. J’ai décidé de grimper dans la montagne, où je connaissais un petit lac.

En haut du sentier, l’air était immobile, doux, simple. Je me suis arrêté. J’ai regardé l’eau, en bas, dans son creux volcanique. Sa lumière s’est faite aussitôt bienveillante. Un oiseau a piqué vers la surface bleue. L’eau s’est à peine émue. Je me suis dit : « Elle rit. » Je me suis laissé aller sur la pente. Mes pas ont réveillé des cailloux, ils sont partis devant en bondissant les uns par-dessus les autres, pareils à de petits êtres turbulents. Le soleil était là, suspendu au-dessus de ma tête, à rire lui aussi. Le cœur me battait fort. J’étais comme un enfant qui va vers un cadeau.

D’un moment, sur le rivage, une sorte de timidité sacrée m’a retenu. Je craignais de faire du bruit. J’étais seul dans le silence de la montagne. Je devais accomplir un rite, et je me sentais maladroit. J’ai regardé l’herbe.

Elle m‘a dit : « Va, ce n’est pas grave, c’est un jeu. » Je me suis accroupi, j’ai pris un grand coup d’air, j’ai enfoncé ma tête dans l’eau, lentement, et j’ai osé ouvrir les yeux. Le soleil, au fond, caressait le sable, et le sable scintillait. Des millions d’étoiles, au gré de la houle, naissaient, s’éteignaient, renaissaient ailleurs. Comme je contemplais cela, je me suis soudain senti prodigieusement vaste, sans questions, sans espoir, sans peur aucune, tranquille comme un dieu veillant sur l’univers.

L’eau faisait à mes oreilles une rumeur d’océan. J’ai eu un instant la sensation que des mains amoureuses palpaient ma figure, mon cou, mon crâne. J’ai relevé la tête. J’ai retrouvé l’air du jour, le soleil. J’ai vu mon reflet tourmenté par la pluie de gouttelettes qui retombaient à l’eau.

Je n’étais plus qu’un petit homme, presque rien. Je me suis frotté les yeux. La montagne, le ciel, l’herbe m’ont paru tout proches, complices, attentifs. J’ai plongé à nouveau et j’ai plongé encore jusqu’à m’enivrer de cette découverte :

Au-dedans j’étais un dieu, au-dehors j’étais un nain. Au-dedans j’étais en paix, au-dehors j’étais en doute.

Je suis redescendu vers le village. El Chura m’attendait devant ma cabane. Je lui ai raconté ce qui s’était passé.

Il m’a dit :

– L’eau est une porte. Le vent, la pluie, la nuit, la neige, les pierres sont aussi des portes. Par n’importe laquelle de ces portes tu peux entrer dans la paix.

Henri Gougaud, Les sept plumes de l’aigle

Une chanson de Bryan Adams – On a day like today

Pour laisser aller l’esprit où bon lui semble

ImAGE oiseaux

Un jour un vieux maître sur le point de mourir donne la transmission de la lignée à l’un de ses disciples. Celui-ci profitant du dernier moment avec son maître, ne peut s’empêcher de faire une ultime tentative :

« Maître, lorsque mes disciples viendront me voir avec l’espoir que je leur donne des directives sur une éthique en accord avec l’enseignement, n’y a-t-il vraiment rien à leur transmettre ?

-Ecoute bien, dit le maître dans un dernier élan de générosité. Ce que l’esprit aime, c’est former des concepts, comparer, émettre des jugements, aller au fond des choses, former une image fixe des enseignements et les transformer en certitudes. Bien que cela ne soit pas vraiment la vue que nous développons, donne leur la permission de le faire car ils ne pourront s’en empêcher. Qu’ils laissent l’esprit aller où bon lui semble, dans une totale liberté, dans un non-conformisme absolu, sans être limité par des injonctions et des tabous. Essaie simplement de leur faire saisir que tout mouvement est yoga à partir du moment où personne ne revendique la propriété de cette pensée. Laisse aller la pensée où bon lui semble sans aller jusqu’au point où tu crois que c’est ta pensée. Sois comme une plume légère dans un haut défilé montagneux ; porté par les courants chauds, elle monte, poussée par les courants froids, elle descend. Elle virevolte de gauche à droite mais ne conçoit pas ce que mouvement est issu de sa propre volonté.

– Et qu’en est-il pour les expériences sensorielles ?

– Ce que l’œil aime par-dessus tout, c’est contempler des formes harmonieuses et se laisser porter par la joie de ce regard. Laisse ton œil épouser les formes qui le touchent, explorer les mouvements de la matière et des êtres, mais ne va pas jusqu’à penser que c’est toi qui voit le monde. Il y a une immense arrogance à croire que notre regard va vers les objets. Ressens que le ciel te regarde et que tout est regard.

– Comment considérer le toucher ?

– Ce que la peau aime par-dessous tout, c’est être en contact avec d’autres peaux, avec des matières subtiles et vivantes, se glisser dans un cours d’eau, un lac, l’océan ou l’espace. Alors laisse ta peau aller vers ce qui l’attire et entretiens le frémissement fondamental. Sois comme un instrument touché par le corps du musicien. Laisse vibrer en profondeur toutes les harmoniques qui montent en toi, mais essaie de ne pas aller jusqu’au point où tu conçois que c’est ta peau qui entre en contact avec l’univers.

– Et pour l’ouïe ?

– ce que l’oreille aime par-dessus tout, c’est entendre des sons mélodieux, goûter à la musique des êtres et du monde. Libère ton ouïe de toute limite et permets-lui de goûter à l’harmonie, mais ne va pas jusqu’au point où tu penses que c’est ton ouïe qui écoute l’univers.

– Pour le goût ?

– Ce que le nez aime, c’est être en contact avec des fragrances délicieuses. Il aime goûter aux parfums délicats des plantes et des êtres, il aime respirer l’espace, la pluie qui tombe sur une forêt, l’odeur délicieuse d’un être qui s’abandonne. Alors, permets à ton nez de respirer le monde, mais ne va pas jusqu’à croire que c’est ton nez.

– Que se passe-t-il si le yogin et la yoginî réussissent ce prodige.

– Alors toute perception est perception spatiale et toute la beauté du monde nous ramène sans cesse à l’illimité, mais si l’ego collecte nos impressions sensorielles, il les utilise pour construire sa forteresse et s’isoler du monde. Jouir de la beauté est le plus profond des yoga si personne ne capture la perception. C’est mon dernier enseignement, il est l’accomplissement de toute l’approche de Mahâmudrâ, transmets-le à ceux qui en sont dignes et qui pourront survoler la sensation comme le soleil et la lune survolent les nuées. »
Alors le vieux maître sortit, il regarda la vallée une dernière fois, huma l’odeur de la forêt, caressa une pierre, s’assit sur le sol, il but une goutte de rosée qu’il préleva sur une feuille et s’éteignit en abandonnant son corps, ses émotions et sa pensée à l’espace.

Daniel Odier – L’incendie du cœur

Une chanson La moitié du monde de Fiori-Séguin

La pratique de l’écoute

Sons papillons

La pratique de l’écoute  

Voici la 3e pratique d’une série de 5 pratiques suggérées.

Nous entendons beaucoup de sons dans notre vie. Lors des conversations, peu de temps est consacré à l’écoute, nous entendons, nous recevons, nous émettons, nous préparons notre réponse et nous vérifions nos protections. La bonne pratique de l’écoute est de se laisser interpeller réellement, d’essayer de prendre conscience du réel message de l’autre, de s’ouvrir à ce qui se passe.

Il en est aussi de même pour la musique. Nous mettons un album où la radio, et notre esprit se balade ailleurs, la musique est comme un babillage perdu aux confins du temps fuie. Pourtant, l’écoute d’une pièce musicale, d’une chanson, peut nous ensoleiller la vie, nous remplir d’une émotion intense. Quand nous écoutons vraiment, nous n’a pas besoin d’une exposition auditive à long terme pour allumer notre âme.

Nous devrions faire le choix d’écouter au lieu d’entendre, d’être présent au lieu d’être là.

Cette bonne pratique peut avoir comme effet collatéral que certaines personnes n’aiment pas que vous souleviez ce qui n’était pas nommée dans la conversation mais sous-entendu. En fait, il est bon de passer le message que les gens n’aient pas besoin de plus de mots ou de sons, ils ont besoin de plus de sens qui guideront les choix de leurs vies.

Vous ne cherchez pas à être différent. Votre êtes simplement différent.

Une chanson, Un musicien parmi tant d’autres

Entendre ou écouter

Concentre toi

Il arrive tellement souvent que le tourbillon de la vie fait en sorte que nous ne sommes pas en mode présent. Il se passe beaucoup de choses dans la vie, mais nous ne les voyons pas. Une personne parle, et nous n’écoutons pas réellement. Nous entendons l’amoncellement de mots, mais nous n’écoutons pas vraiment. Pourtant, quand nous écoutons, il arrive si souvent que l’on dépasse le support des mots, une autre dimension s’ouvre. Et lorsque nous comprenons, le mot devient une porte et non un code. Cette compréhension, cet instant magique,  ouvre la lampe en soi. Mais sans présence, sans attention nous ne pouvons pas comprendre, et tout le babillage du monde ne saurait le créer.

Une chanson Les mots

https://www.youtube.com/watch?v=FspTcSh00NM