L’Inde et la renaissance de la Terre de Sri Aurobindo

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 Un disciple: Le Mahatma croit que la non-violence purifie celui qui la pratique.

Je crois que Gandhi ignore ce qui se produit vraiment dans la nature d’un homme qui adopte le Satyâgraha ou la non-violence. Il pense que de cette façon les hommes se purifient. Mais quand on souffre, ou qu’on se soumet volontairement à la souffrance, ce qui se passe, c’est que l’être vital se fortifie. Ces mouvements n’affectent que l’être vital, ils ne touchent aucune autre partie de la personnalité : vous ne pouvez vous opposer à la force qui vous opprime, et vous vous décidez à souffrir — cette souffrance est d’ordre vital et elle donne de la force. Lorsque celui qui a souffert de la sorte vient au pouvoir, il devient le pire des oppresseurs…

Ce que l’on peut faire, en revanche, c’est de transformer l’esprit de violence. Mais dans cette pratique du Satyâgraha, il n’est pas transformé. Quand on insiste sur un principe tellement exclusif, ce qui arrive, c’est que pharisaïsme, hypocrisie et malhonnêteté se mettent de la partie et il n’y a pas de purification du tout. C’est, comme je l’ai dit, en transformant l’impulsion de violence que peut venir la purification. À cet égard, l’ancien système en Inde était bien meilleur : l’homme qui avait un tempérament combatif devenait le kshatriya, et ainsi ce tempérament combatif était haussé au-dessus de l’influence vitale ordinaire. L’idée était de tenter de le spiritualiser. Cela a donné des résultats que la résistance passive ne peut pas et ne pourra pas obtenir. Le kshatriya était l’homme qui ne tolérait aucune oppression, qui la combattait jusqu’au bout ; c’était celui qui n’opprimait personne. L’idéal était ainsi…

Il y a aussi la question de l’unité hindou-musulmane que les tenants de l’école de la non-violence essaient de résoudre en se basant sur leur théorie.

Vous pouvez vivre en bonne entente avec une religion dont le principe est la tolérance. Mais comment est-il possible de vivre en paix avec une religion dont le principe est : « Je ne vous tolérerai pas » ? Comment allez-vous parvenir à réaliser l’unité avec ces gens-là ? Il est certain que l’unité hindou-musulmane ne peut pas se réaliser en partant du principe que les musulmans vont continuer à convertir des hindous tandis que les hindous ne convertiront aucun musulman. Il est impossible de bâtir une unité sur une telle base. La seule façon de rendre les musulmans inoffensifs est peut-être de leur faire perdre leur foi fanatique en leur religion…

La religion musulmane est née dans des circonstances telles que ses adeptes n’en ont jamais oublié l’origine.

Cela a été le résultat de la résistance passive qu’ils ont pratiquée. Ils ont souffert et souffert jusqu’à ce qu’ils soient assez forts, et alors, quand ils ont eu le pouvoir, ils se sont mis à persécuter les autres férocement…

Le point de vue de Gandhi, c’est qu’il ne se soucie pas d’éliminer la violence qui existe chez les autres ; ce qu’il veut, c’est observer lui-même le principe de non-violence.

C’est l’une des violences de celui qui pratique le Satyâgraha que de ne pas se préoccuper de la contrainte qu’il fait peser sur les autres. Ce n’est pas de la non-violence — ce n’est pas l’« ahimsâ ». La vraie « ahimsâ » est un état d’esprit ; cela ne consiste ni à agir physiquement ou extérieurement, ni à se garder d’agir. Toute contrainte dans l’être intérieur est une violation de l’ahimsâ.

Par exemple, quand Gandhi a jeûné au moment de la grève des filatures à Ahmedabad, pour régler le problème entre patrons et ouvriers, il y avait une sorte de violence exercée sur les autres. Les patrons ne voulaient pas être responsables de sa mort et c’est pour cela qu’ils ont cédé, sans être convaincus par sa façon de voir, bien évidemment. C’est une sorte de violence qui leur était faite. Mais dès qu’ils ont vu que la situation était normale, ils sont revenus à leurs idées d’avant. La même chose est arrivée en Afrique du Sud. Il a obtenu là-bas quelques concessions par la méthode de la résistance passive et quand il est reparti en Inde, c’est devenu pire qu’avant.

Sri Aurobindo dans L’Inde et la renaissance de la Terre

Une pièce musicale SANSKRIT LOVE SONG TO INDIA

Première lettre de Gandhi à Adolf Hitler, 23 juillet 1939 tirée du livre de Peter Rühe intitulé Gandhi

Gandhi citation

Cher ami, Des amis m’ont pressé de vous écrire pour le bien de l’humanité. Mais j’ai résisté à leur demande, parce que j’ai le sentiment qu’une lettre de ma part serait une impertinence. Quelque chose me dit que je ne dois pas calculer et que je dois formuler cet appel sans m’interroger sur ce qu’il vaut. Il est tout à fait clair que vous êtes aujourd’hui la seule personne au monde qui peut empêcher une guerre susceptible de réduire l’humanité à l’état sauvage. Devez-vous payer ce prix pour l’objet que vous recherchez, quelle que soit l’importance qu’il revête à vos yeux? Écouterez-vous l’appel de celui qui a délibérément rejeté la méthode de la guerre non sans un considérable succès? Quoi qu’il en soit, j’attends votre pardon, si j’ai péché en vous écrivant. Je demeure votre ami sincère.

De Mahatma Gandhi

Une pièce musicale Symphonie Universelle

En Inde avec Albert Londres

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Naguère, une entrevue Gandhi-Tagore émut le pays immense. Mystérieuse, elle dura quatre heures. En longtemps l’on ne sut d’elle qu’une chose, c’est que Gandhi était partie sans avoir été prié de saluer la famille Tagore.

Entre le « mahatmadji » et le « gurudev », un orage avait éclaté. Gandhi, visionnaire, développa sa vision de l’Inde se retirant du monde. On jetait bas d’un coup toutes les conquêtes de la civilisation sur le temps, et de l’esprit sur l’ignorance. Plus de chemins de fer, d’écoles, de tribunaux, de médecins. L’Inde avec délire se replongeait dans le Moyen Âge. Désormais un seul instrument serait le sien : le « charka » (rouet).

Tagore rejeta du pied le rouet de Gandhi :

– Quelle idée vous faites-vous des destinées du peuple de l’Inde ? Est-ce en reculant que l’on gagne l’avenir ?

*

Grand drame, en vérité, que celui de l’Inde. Et nous n’en sommes qu’au prologue. C’est dans les yeux des hommes qu’il faut chercher le temps qu’il fera dans leur âme. Or les yeux des condottieri hindous sont chargés comme un ciel d’ouragan sous les tropiques.

Albert Londres dans En Inde

1922, Albert Londres est à Calcutta. Il découvre un  » Empire britannique  » où cohabitent des millions d’hindous, de chrétiens, de musulmans, de sikhs et de bouddhistes. Ce grand reporter se met à suivre le débats sur le revendications nationalistes de trois personnalités qui marquèrent l’époque : Gandhi, Nehru et le grand poète Tagore.

Une pièce musicale LES VOIX DE SILVACANE – Chants Carnatiques de l’Inde du Sud

L’éveil des humiliés

C’est un mystère pour moi que des hommes puissent se sentir honorés par l’humiliation d’autres êtres humains.

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Je suis un citoyen respectueux des lois ; si j’ai refusé d’obéir à l’ordre qui m’était donné, ce n’est pas par manque de respect envers l’autorité légale, mais en accord avec la loi supérieure qui nous gouverne: la voix de la conscience.

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Un des éléments essentiels de l’enseignement devrait consister à apprendre aux enfants que, dans la lutte pour la vie, il est aisé de vaincre la haine par l’amour, le mensonge par la vérité, la violence par l’acceptation de la souffrance.

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C’est pour lui un point clé: jeûner pour expier ses propres fautes et forcer les autres à réfléchir aux leurs.

*

Qu’est-ce donc que le temps? Si personne ne me le demande, je le sais bien; mais si on me le demande et que j’entreprenne de l’expliquer, je trouve que je l’ignore…Si donc le présent n’est un temps que parce qu’il est et devient un temps passé, comment pouvons-nous dire qu’une chose soit, laquelle n’a autre cause de son être, sinon qu’elle ne sera plus? De sorte que nous ne pouvons dire avec vérité que le temps soit, sinon parce qu’il tend à n’être plus.

*

L’amour est un mot à significations multiples, avec des conséquences sociales, religieuses et sentimentales: l’amour du travail crée les conditions pour que le travail devienne créateur de soi; l’amour de la nature fait que l’homme peut la respecter et la mettre en valeur; l’amour de soi fait que les êtres humains peuvent refuser la soumission; l’amour des autres forme la base de la vie en société.

Jacques Attali et Stéphanie Bonvicini dans Gandhi ou l’éveil des humiliés

Une chanson de Jean-Jacques Goldman interprétée par Génération Goldman – Famille

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/956814-jean-jacques-goldman-famille.html

La prière du Mahatma Gandhi

Le Mahatma est mort assassiné à Delhi le 30 janvier 1948, il y a 70 ans.

Une prière qu’il a partagé au cours de sa vie pour faire en sorte de rapprocher les gens de confessions différentes et réduire l’intolérance…

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Prends ton sourire

Et donne-le à celui qui n’en a jamais eu

 

Prends un rayon de soleil

Et fais-lui percer les ténèbres

 

Découvre une source

Et purifie celui qui est dans la boue

 

Prends une larme

Et dépose-la sur le visage de celui qui ne sait pas pleurer

 

Prends le courage

Et mets-le au cœur de celui qui ne peut plus lutter

 

Découvre un sens à la vie

Et partage-le avec celui qui ne sais plus où il va

 

Prends dans tes mains l’Espérance

Et vis dans la lumière de ses rayons

 

Prends la bonté

Et donne-la à celui qui ne sait pas donner

 

Découvre l’amour

Et fais-le connaître à tous.

 

Une chanson de the Beatles – Because

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/247523.html

Souvenir du Mahatma Gandhi

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Sa prière

Aide-moi à dire la vérité devant les forts, et à ne pas dire de mensonges pour gagner les applaudissements des faibles.

Si tu me donnes la fortune, ne me retire pas la raison.

Si tu me donnes le succès, ne me retire pas l’humilité. Aide-moi à toujours voir le revers de la médaille.

Ne me laisse pas inculper les autres de trahison, s’ils ne pensent pas comme moi.

Apprends-moi à aimer les gens comme moi-même. Ne me laisse pas tomber dans l’orgueil si je triomphe, ni dans le désespoir si j’échoue.

Rappelle-moi plutôt que l’échec est l’expérience qui précède le triomphe.

Apprends-moi que pardonner est un signe de grandeur et que la vengeance est un signe de bassesse.

Si tu me retires le succès, laisse moi des forces pour apprendre l’échec.

Si j’ai offensé des gens, laisse-moi la valeur pour m’excuser et, si les gens m’offensent donne-moi la valeur pour pardonner.

Si j’oublie de croire…surtout ne m’oublie jamais!

Mahatma Gandhi

Une chanson de U2 – One

Histoire du soulier

Un jour, en montant dans un train, Mahatma Gandhi perdit une chaussure qui tomba sur la voie ferrée. Il fut incapable de la récupérer, le train commençant à avancer.
Au grand étonnement de ses compagnons de voyage, Gandhi enleva son autre chaussure et la lança près de celle qu’il venait de perdre.
A un passager qui lui demanda pourquoi il avait fait cela, Gandhi répondit en souriant :
« Le pauvre homme qui trouvera ma chaussure sur la voie ferrée trouvera la deuxième juste à côté et aura donc une paire de chaussures qu’il pourra utiliser. »

Voici un conte visuel qui s’inspire de ce fait vécu.  Histoire à partager sur le partage et l’ouverture à l’autre.