En toute nuance

Conscience, intelligence, savoir et connaissance

Dans le langage courant, on semble utiliser les termes conscience, intelligence, savoir et connaissance comme des synonymes, mais ils renvoient à des réalités distinctes.

La conscience est la capacité d’éprouver une expérience subjective : sentir, percevoir, se savoir en train de vivre quelque chose. C’est le fait qu’il y ait quelque chose que ça fait d’être soi, la présence à soi-même et au monde. Une machine peut traiter de l’information sans qu’on puisse dire qu’elle ressent quoi que ce soit. La conscience, elle, suppose un point de vue vécu, une intériorité.

L’intelligence est une capacité fonctionnelle. Elle sert à résoudre des problèmes, à s’adapter à des situations nouvelles, à raisonner et à apprendre de l’expérience. Elle se mesure à l’efficacité d’un comportement face à un objectif, indépendamment de toute expérience subjective. Un système peut être très intelligent, par exemple un programme d’échecs, un algorithme d’optimisation, sans qu’on lui prête une conscience.

Le savoir désigne un ensemble d’informations et de faits établis, souvent formalisés, mémorisables et transmissibles tels quels, des dates, des règles, des théorèmes. C’est un contenu objectif, largement indépendant de celui qui le détient, on peut le retrouver identique dans un livre ou une base de données.

La connaissance, elle, implique une appropriation personnelle de ce savoir : comprendre, relier, contextualiser, parfois par l’expérience directe. On peut savoir qu’un objet est chaud sans jamais s’être brûlé ; on le connaît vraiment après l’avoir touché. La connaissance suppose une compréhension incarnée, tandis que le savoir peut rester extérieur, purement déclaratif.

Ainsi, la conscience est une manière d’être (éprouver), l’intelligence est une manière de faire (résoudre), le savoir une manière d’emmagasiner la matière détenue (des faits), et la connaissance une manière de comprendre cette matière en la faisant sienne par l’expérience. Ces capacités ne se recouvrent pas nécessairement : on peut être intelligent sans être conscient, avoir du savoir sans connaissance profonde, ou posséder une conscience sans grand savoir.

Une chanson de Daniel Lavoie – Qui sait ?

Les paroles sur https://www.letras.com/daniel-lavoie/598391/

Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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