
En matière d’alimentation comme dans tous les autres domaines, la clé n’est pas le végétarisme mais plutôt l’équilibre. Même un excès de légumes peut déséquilibrer l’organisme. En outre, “Dieu a créé” les cochons pour que nous mangions des saucisses. À quoi d’autres les cochons pourraient-ils bien servir ? Ils sont là pour être transformés en lard, en saucisses, en côtes de porc et en jambon ! Bien sûr, Dieu nous a aussi fait des intestins qui ne digèrent pas très bien le cochon. Il y a donc un petit problème. Nous absorbons le cochon et une fois en nous, il revient à la vie. Il grogne, couine et fait bien sentir sa présence. Mais c’est tout de même bon de manger du cochon ! Il faut bien se faire un petit plaisir de temps à autre. On ne va tout de même pas passer sa vie à ne manger que des pommes et du céleri !
*
Le grand danger du travail psychologique tient à ce que la plupart des thérapies visent la « normalité ». Selon cet idéal de normalité psychologique, chacun est appelé à devenir un e bon citoyen » fonctionnant selon des codes de santé et de comportement socialement corrects. Ces normes ne correspondent pas forcément à ce qu’exige la vie spirituelle, laquelle ne suppose pas obligatoirement un équilibre psychologique ordinaire. La perspective radicale du chemin n’a rien à voir avec le fait d’être un bon citoyen — sinon l’aptitude à fonctionner de manière simple et banale en relation avec tous les autres êtres humains, si divers soient-ils.
*
… il suffit pour savoir à quoi s’en tenir de regarder comment procède la psychothérapie : elle ne cherche pas à percer l’illusion mais à parvenir à une existence raffinée, intelligente et harmonieuse au sein de l’illusion. Donc, la psychothérapie peut s’avérer très utile comme préliminaire de la voie, mais certainement pas comme un but en soi.
On ne devrait jamais évaluer le progrès spirituel en termes de “santé psychologique”.
Lee Lozowick dans Éloge de la folle sagesse
Une pièce musicale de Gede Yudis – Growth
