Le handicap dans l’histoire

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les fouilles archéologiques révèlent des surprises. Des squelettes préhistoriques montrent des individus ayant survécu longtemps avec des handicaps graves (fractures multiples, paralysies partielles), ce qui implique que leur communauté les a nourris et soignés, parfois pendant des années.

À Shanidar, en Irak (-60 000 ans), un homme néandertalien borgne et amputé a vécu jusqu’à un âge avancé : signe probable d’une prise en charge collective.

Ce sont des exemples de la survie communautaire. Dans les petits groupes, chaque membre a une valeur, et les rôles s’adaptent aux capacités de chacun.

En Mésopotamie et en Égypte, des textes médicaux anciens témoignent de soins apportés aux personnes avec des limitations physiques. Certains individus aveugles étaient reconnus comme musiciens, poètes ou devins, le handicap pouvait même conférer un statut particulier (proximité avec le sacré, sagesse intérieure).

Dans la Grèce antique, des philosophes, des artistes, des hommes politiques vivaient avec des handicaps visibles et étaient pleinement intégrés. Dans la Rome antique, les vétérans de guerre blessés bénéficiaient de soins et de pensions, le handicap acquis au service de l’État était valorisé différemment.

Paradoxalement, aux XVIIe et XVIIIe siècles, on voit apparaître les grands enfermements, des hôpitaux généraux, des asiles, qui regroupent et isolent les « invalides ». Michel Foucault a bien analysé ce tournant sombre.

Au cours du XXe siècle, le changement conceptuel s’opère, nous passons progressivement d’un modèle médical (le handicap est un déficit à corriger) au modèle social (le handicap est produit par des barrières que la société impose). Ce n’est plus la personne qu’il faut réparer, c’est l’environnement qu’il faut adapter.

Ce que l’histoire révèle, c’est que l’inclusion a souvent existé naturellement dans les petites communautés, où chacun était connu et où la solidarité était une nécessité de survie. Toutefois, c’est l’urbanisation et l’industrialisation, avec leurs critères de productivité, qui ont le plus durement exclu les personnes handicapées, en les rendant « invalides » aux yeux du système.

 Le regard religieux ou culturel sur le handicap a été tantôt protecteur (sacralisation de la vulnérabilité), tantôt destructeur (stigmatisation, punition).

Enfin, la reconnaissance juridique moderne est réelle et importante, mais elle ne suffit pas : l’inclusion véritable se joue encore dans les gestes quotidiens, les regards, les espaces accessibles ou non.

Les personnes handicapées elles-mêmes le disent, ce dont elles ont besoin, ce n’est pas seulement d’être tolérées ou assistées, mais d’être reconnues comme des membres à part entière de la communauté humaine.

Une chanson de Grégoire – Mon Handicap 

Les paroles sur la vidéo

Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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