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Nikos Kazantzaki   2 comments

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Si on savait ce que disent les pierres, les fleurs, la pluie ! Peut-être bien qu’elles nous appellent, et que nous, on n’entend pas. Quand est-ce que les oreilles des gens s’ouvriront ? Quand est-ce qu’on aura les yeux ouverts pour voir ? Quand est-ce qu’on ouvrira les bras pour s’embrasser tous, les pierres, les fleurs, la pluie, les hommes ?

Dans Alexis Zorba

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Un seul désir me possède : celui de surprendre ce qui se cache derrière le visible, de percer le mystère qui me donne la vie et me l’enlève, et de savoir si une présence invisible et immuable se cache par delà le flux incessant du monde.

Dans Ascèse

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Pour la première fois, ce soir-là, je compris que tout se tient et que derrière la plus humble besogne quotidienne se trame le destin de l’homme. François sentait qu’il n’est pas de grande ou de petite tâche et que poser un caillou sur un mur en ruine, c’est redresser le monde qui menace de tomber, redresser l’âme qui chancelle.

Dans Le pauvre d’Assise

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Ce n’est pas le choix qui manque : patrie, religion, science, art gloire, communisme, fascisme, égalité, fraternité… Vous avez de la chance, vous les jeunes, vous arrivez juste à point pour les soldes. De nos jours, il existe des douzaines de grandes idées… parce qu’aucune n’existe. On solde, je te dis… Tu peux t’offrir une grande idée pour une bouchée de pain.

Dans Les frères ennemis

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Deux voix luttent en moi : le cerveau : « Pourquoi perdre notre temps en poursuivant l’impossible ? » ; mais une autre voix, le cœur résiste et crie : « Ne reconnais jamais les limites de l’homme ! Brise les limites ! Renie ce que tes yeux voient ! Meurs et déclare : la mort n’existe pas.

Dans Le Jardin des rochers

Nikos Kazantzaki a laissé une grande œuvre, intense, passionné et dont la liberté sous toutes ses formes y figure. Il a fait plus que Alexis Zorba.  A vous de découvrir

Une pièce musicale Dance de Zorba en mode danse collective sur la rue

Publié 9 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Entendez-vous encore Kazantzakis?   Leave a comment

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Nikos Kazantzakis décédé il y a 60 ans en octobre. Quelle vision, et je partage aujourd’hui.

Le temps n’est pas un champ que l’on mesure par coudées ; ce n’est pas une mer que l’on mesure par milles ; c’est le battement d’un cœur.

La dernière tentation du Christ de Nikos Kazantzakis

Nous venons d’un abîme obscur ; nous aboutissons à un abîme obscur. L’espace de lumière entre ces deux abîmes, nous l’appelons la Vie.

Aussitôt, avec la naissance, commence la mort : à la fois le départ et le retour. A chaque instant nous mourons.

Voilà pourquoi il a souvent été proclamé : le but de la vie est la mort.

Mais aussi, à l’instant de la naissance, commence l’effort de création, afin de transformer la matière en vie. A chaque instant nous naissons.

Voilà pourquoi il a souvent été proclamé : Le but de la vie éphémère est l’immortalité.

Dans les corps vivants, deux courants luttent : l’un tend vers la composition, la vie, l’immortalité ; l’autre tend vers la décomposition, la matière, la mort. Tous deux ont leur source dans les profondeurs de la force primordiale.

Tout d’abord, la vie surprend. Elle parait illégale, contre nature – une réaction contre la volonté des ténèbres. Mais, en approfondissant, nous comprenons que la vie, elle aussi, est une volonté de l’Univers sans commencement ni fin. Sinon, quelle est cette force surhumaine qui nous projette du non-être dans l’être, qui nous donne à tous, plantes, animaux et hommes, le courage de la lutte ? Les deux courants contraires sont donc sacrés.

Notre devoir est de saisir la vision qui englobe et harmonise ces deux élans formidables, chaotiques et indestructibles, et d’ordonner pensées et actions selon cette vision.

Ascèse Salvatores Dei de Nikos Kazantzakis

L’inexistant est ce que nous n’avons pas encore suffisamment désiré.

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J’aime St François d’Assise, parce que son âme, par l’ascèse, par l’amour, a vaincu la matière. La réalité la plus affreuse, la faim, le froid, la maladie, la persécution, la laideur, il a réussi à les transmuer en joie… Il la transforme en une réalité plus réelle où souffle l’amour. La pierre philosophale, c’est son propre cœur et dans ce cœur, l’amour ne s’endort jamais.

Entretiens de Nikos Kazantzakis

Zorba éclata de rire :

– Quel drôle de machine que l’homme ! dit-il, stupéfait. Tu la remplis avec du pain, du vin, des poissons, des radis, et il en sort des soupirs, du rire et des rêves. Une usine ! Dans notre tête, je crois bien qu’il y a un cinéma sonore comme ceux qui parlent.

Alexis Zorba de Nikos Kazantzakis

Une danse mythique

Publié 10 octobre 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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Grandir   2 comments

 

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Grandir, et non prendre de l’âge, c’est d’assumer la part qui vient de soi et de ne pas prendre en charge ce qui ne nous appartient pas. C’est d’ailleurs sur cette base que la compassion peut prendre assise.

Ainsi, même en vivant de la douleur ou de la souffrance, il n’y a pas de lutte, pas de tentative de se rendre ou de rendre quelqu’un coupable de cet état. C’est de ressentir, non plus comprendre que la culpabilisation n’arrange absolument rien à la situation et quelle ne permet que d’exulter.

Grandir c’est comprendre que la douleur et la souffrance ne diminuent pas en la transférant à une autre personne. On dit que le pardon est salutaire. Minimalement, se sortir d’une situation, cesser d’être une personne qui propage ce qui est souffrant est une bonne approche.

Le pardon, c’est de se donner l’ouverture à un autre avenir sans violence. Grandir, c’est accepter ses limites, assumer ce qui nous appartient et être accepté ce qui dépend de ce que la vie nous offre comme une réalité et non comme une attente.

Grandir, va m’amener à choisir mes priorités, à entendre ce qui se dit autour de moi et sans suivre aveuglément, c’est comprendre que tout passe et que c’est bien, et c’est accepter de m’élever à une mesure plus humaine.

En fait, on grandit à chaque fois que nous oublions les il faut et que nous réalisons un pas pour soi.

Une pièce musicale tirée du film Zorba le grec – La danse de Zorba

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 7 janvier 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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La sagesse du temps ( jour de naissance de Nikos Kazantzakis le 18 février 1883)   Leave a comment

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Nikos Kazantzakis : Citation tirée de Alexis Zorba

Je me souvins d’un matin où j’avais découvert un cocon dans l’écorce d’un arbre, au moment où le papillon brisait l’enveloppe et se préparait à sortir. J’attendis un long moment, mais il tardait beaucoup, et moi j’étais pressé. Énervé je me penchai et me mis à le réchauffer de mon haleine. Je le réchauffais, impatient, et le miracle commença à se dérouler devant moi, à un rythme plus rapide que nature. L’enveloppe s’ouvrit, le papillon sortit en se traînant, et je n’oublierai jamais l’horreur que j’éprouvai alors: ses ailes n’étaient pas encore écloses et de tout son petit corps tremblant il s’efforçait de les déplier. Penché au-dessus de lui, je l’aidais de mon haleine. En vain. Une patiente maturation était nécessaire et le déroulement des ailes devait se faire lentement au soleil, maintenant il était trop tard. Mon souffle avait contraint le papillon à se montrer, tout froissé, avant terme. Il s’agita, désespéré, et, quelques secondes après, mourut dans la paume de ma main. Ce petit cadavre, je crois que c’est le plus grand poids que j’aie sur la conscience. Car, je le comprends bien aujourd’hui, c’est un péché mortel que de forcer les grandes lois. Il faut suivre avec confiance le rythme éternel.

https://www.youtube.com/watch?v=VAqeyJnX3vQ

Publié 18 février 2015 par dandanjean dans Pauses lectures

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