Le Cosmos et le Lotus   Leave a comment

ImAGE Lotus

L’effort spirituel doit aboutir à une transformation profonde de notre manière de percevoir le monde et d’agir sur lui. Il ne suffit pas de savoir, comme dans le cas d’un physicien quantique, qu’il existe une interdépendance entre l’observateur et l’observé, que notre conscience ne peut être isolée de la réalité globale du monde des phénomènes, encore faut-il reconnaître par l’expérience personnelle que notre conscience fait partie de cette globalité. Notre esprit doit assimiler les implications de cette découverte, et notre vie doit s’en trouver transformée. Le pratiquant accompli du bouddhisme sait que la réalisation vécue de l’interdépendance se traduit par une compassion irrésistible envers tous les êtres – une compassion qui modifie son existence jusque dans sa fibre la plus intime. Passer ainsi d’une connaissance théorique, qui risque de n’avoir que des effets virtuels, à l’expérience directe est la clé de l’éthique.

Lorsque l’éthique est le reflet de nos qualités intérieures et guide notre comportement, elle s’exprime naturellement dans nos pensées, nos paroles et nos actes, et devient source d’inspiration pour les autres. L’éthique est donc fondée sur une adéquation profonde entre la théorie et le vécu. Comment arriver à une telle adéquation ? De façon graduelle. Nous commençons par l’écoute et l’étude, nous poursuivons par la réflexion intellectuelle pour culminer dans l’intégration en notre être, grâce à la méditation, d’une nouvelle perception des choses et d’un nouveau comportement. Méditer veut dire, en l’occurrence, se familiariser avec cette nouvelle perception du monde. De la compréhension naît la méditation, laquelle s’exprime en actes. On passe ainsi sans discontinuité de la connaissance à la réalisation intérieure, puis à l’éthique vécue.

Notre société produit peu de sages. Elle crée certes des comités d’éthique constitués de grands penseurs, mais en Occident, les critères de sélection des membres des « comités de sages » reposent surtout sur leurs réalisations professionnelles, au détriment des qualités humaines. Or il est clair qu’un véritable sage doit l’être à la fois par l’esprit et par le cœur.

 texte tiré du livre Le Cosmos et le lotus de Trinh Xuan Thuan

Une chanson de Eric Aron – My first emotion

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