La pesanteur et la grâce   Leave a comment

N’être qu’un intermédiaire entre la terre inculte et le champ labouré, entre les données du problème et la solution, entre la page blanche et le poème, entre le malheureux qui a faim et le malheureux rassasié.

En toutes choses, seul ce qui nous vient du dehors, gratuitement, par surprise, comme un don du sort, sans que nous l’ayons cherché, est joie pure. Parallèlement, le bien réel ne peut venir que du dehors, jamais de notre effort.

Nous ne pouvons en aucun cas fabriquer quelque chose qui soit meilleur que nous. Ainsi, l’effort tendu véritablement vers le bien ne doit pas aboutir ; c’est après une tension longue et stérile qui se termine en désespoir, quand on n’attend plus rien, que du dehors, merveilleuse surprise, vient le don.

Cet effort a été destructeur d’une partie de la fausse plénitude qui est en nous.

Le vide divin, plus plein que la plénitude, est venu s’installer en nous.

Simone Weil dans La pesanteur et la grâce

 

Une pièce musicale de Tchaikovsky Hymn of the Cherubim interprétée par le USSR Ministry Of Culture Chamber Choir

Publié 20 juin 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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