Les fontaines de l’éveil

Inde Dharamsala INstitut Norbulingka (13)

D’où viens-tu ? Où vas-tu ? Voilà les interrogations de notre humanité depuis la nuit des temps. Mais nous nous trompons souvent sur les réponses. Nous élaborons des réponses religieuses, philosophiques, scientifiques. Aucune ne nous satisfait. Sinon pourquoi courir le monde toujours plus loin à la recherche d’une réponse qui nous donnerait la paix ? Nous partons loin pour chercher cette vérité sur nous-mêmes, mais aussi pour fuir la vérité qui éclate sous nos yeux, en nous…

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Notre esprit ressemble à une mare que nous agitons sans cesse avec un bâton. La mare apparaît opaque, sombre, tant qu’elle est battue. L’eau, le limon, la vase ne semblent faire qu’un. Un cloaque. Et pourtant, quand le bâton cesse de battre le liquide boueux, l’eau perd peu à peu de son opacité. Elle se décante. Elle commence à se clarifier. Les éléments larges mais légers comme des feuilles mortes montent à la surface. Des particules plus petites, mais finalement lourdes, se déposent peu à peu au fond. L’eau se clarifie d’elle-même. Au début de la mise au repos nous ne voyons pas cette clarté. Les éléments sont toujours là, mélangés comme dans une émulsion. Nous ne les distinguons plus. C’est lorsque le mouvement cesse que nous les voyons.

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Beaucoup estiment que le dialogue entre les religions est impossible. C’est parce qu’ils ne cherchent pas d’abord l’écoute de l’autre, mais l’accord. Et qui dit accord dit accord sur ses propres positions, pas sur celles de l’autre.

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Que faire de nos pensées ? La réponse est simple. Il faut apprendre à les laisser aller et venir, car c’est la vie de notre esprit. C’est nous-mêmes, le fond de notre être et notre richesse pétulante. Sans que nous puissions le prévoir, les pensées naissent et cessent, apparaissent et disparaissent. Ne t’en inquiète pas. C’est à partir du moment où tu veux les contrôler, quand tu t’acharnes à tenir une posture d’orgueil volontariste, que tu es sûr de te faire souffrir. Ce que tu cherches à faire est une tâche impossible.

Thierry-Marie Courau dans Les fontaines de l’éveil : La rencontre d’un jeune trader et d’une nonne tibétaine

Une pièce musicale de Tibetan Flute – Deep Tibetan music

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