Mon enfance avec Hermann Hesse

ImAGE Chemin des livres

L’existence de bien des personnes gagnerait en sérieux, en probité, en déférence, si elles conservaient en elles, au-delà de leur jeunesse, quelque chose de cet esprit de recherche et ce besoin de questionner et de définir. Qu’est-ce qu’un arc-en-ciel ? Pourquoi le vent gémit-il ? D’où vient que les fleurs des prés se fanent et que ces prés refleurissent ? D’où viennent la pluie et la neige ? Pourquoi sommes-nous riches alors que notre voisin le ferblantier est pauvre ? Où le soleil s’en va-t-il le soir ?

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Il faut ranger parmi les imperfections et les carences de la vie humaine le fait que notre enfance doive nous devenir étrangère et tomber dans l’oubli comme un trésor qu’on laisse échapper en jouant, qui passe par-dessus la margelle d’un puits et disparaît dans l’eau profonde.

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Ce sont aussi ces moments de solitude parmi les herbes qui m’ont fait éprouver avec le plus de force ce douloureux sentiment de bonheur dont s’accompagnent presque toujours nos pérégrinations sur les chemins de l’enfance.

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Rien ne représente sous des traits plus doux et plus sacrés le monde prodigieusement riche de la vie enfantine que l’image de la mère racontant une histoire à l’enfant blond qui la regarde de ses yeux profondément étonnés en se serrant contre elle. D’où les mères tiennent-elles donc cet art souverain et enjoué, cette âme d’artiste, cette intarissable source d’enchantement qui coule de leurs lèvres ?

Hermann Hesse dans Mon enfance

Une pièce musicale de Vangelis – Ask The Mountains

 

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