Seul

Nous savons tous en quoi consiste l’isolement : on construit des murs autour de soi afin de n’être atteint par rien, de n’être pas vulnérable; on on cultive le détachement, qui est une autre forme d’agonie; ou on vit dans la tour d’ivoire onirique de quelque idéologie. Se savoir seul, c’est tout autre chose.

On n’est jamais seul tant qu’on est rempli de souvenirs, des conditionnements, des soliloques du passé : les déchets accumulés du passé encombrent les esprits. Pour être seul, on doit mourir au passé. Lorsqu’on est seul, totalement seul, on n’appartient ni à une famille, ni à une nation, ni à une culture, ni à tel continent : on se sent un étranger. L’homme qui, de la sorte, est complètement seul, est innocent et c’est cette innocence qui le délivre de la douleur.

Nous traînons avec nous le fardeau de ce que des milliers de personnes ont dit, et la mémoire de toutes nos infortunes. Abandonner définitivement tout cela, c’est être seul et non seulement innocent, mais jeune aussi – non en nombre d’années, mais innocent, jeune, vivant à tout âge…

En cette solitude, on commence à comprendre à la nécessité de vivre avec soi-même tel que l’on est, et non tel qu’on devrait être ou tel que l’on a été.

Voyez si vous pouvez vous voir sans émotion, ni fausse modestie, ni crainte, ni justifications ou condamnations, si vous pouvez vivre avec vous-mêmes tels que vraiment, vous êtes.

Jiddu Krishnamurti dans Se libérer du connu

Une pièce musicale de VOCES8: ‘Sanctus’ from Fauré’s Requiem

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