Cerveau et méditation

Quand on observe le processus de la rumination, il est facile de voir à quel point elle constitue un facteur de perturbation. Il est impératif de se libérer des chaînes de réactions mentales que le ressassement entretient sans cesse. Il faudrait apprendre à laisser les pensées s’élever et se dissiper dès qu’elles apparaissent, au lieu de les laisser envahir notre esprit.

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La plupart de nos capacités innées demeurent à l’état latent, à moins que nous ne fassions quelque chose pour les porter à leur point de fonctionnement optimal, en ayant recours, en particulier, à l’entraînement de l’esprit. En se fondant sur une approche empirique, avec un esprit bien entraîné, les contemplatifs ont trouvé des méthodes efficaces pour accomplir une transformation graduelle des émotions, des humeurs et des traits de caractère, ainsi que pour éroder les tendances ataviques les plus enracinées qui sont autant d’obstacles à un mode d’être optimal. Réaliser un tel accomplissement change la qualité de chaque instant de notre vie en renforçant des caractéristiques humaines fondamentales, telles que la bonté, la liberté, la paix et la force intérieure.

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Nous passons beaucoup de temps à améliorer les conditions extérieures de notre vie, mais en fin de compte, c’est toujours l’esprit qui crée notre expérience du monde et la traduit en bien-être ou en souffrance. Si nous transformons notre mode de perception des choses, nous transformons la qualité de notre vie. C’est ce type de transformation qu’apporte l’entraînement de l’esprit, que l’on appelle « méditation ».

Nous sous-estimons largement notre capacité de changement. Nos traits de caractère demeurent les mêmes aussi longtemps que nous ne faisons rien pour les changer. En vérité, l’état que nous qualifions de « normal » n’est qu’un point de départ et non pas le but que nous devrions nous fixer. Il est en effet possible de parvenir graduellement à un mode d’être optimal.

Matthieu Ricard et Wolf Singer dans Cerveau et méditation. Dialogue entre le bouddhisme et les neurosciences

Une pièce musicale de Hania Rani & Dobrawa Czocher – Chwile

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