Le jeu d’échecs et le mat

De façon exemplaire, le Noble Jeu est un éloge à la liberté qui ne se donne pas, mais se conquiert progressivement par la Connaissance et dont le but porte un nom. Le Mat. Faire échec au hasard par la concentration et passer du déterminisme à un possible libre arbitre, tel est le cheminement caractérisant au plus haut point la condition humaine.

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Si les pièces du jeu d’échecs caractérisent les fonctions sociales, elles symbolisent avant tout des fonctions cosmiques et des principes qui gouvernent l’évolution spirituelle de l’homme et du monde. Dans ces conditions, on conçoit que les échecs aient toujours fasciné ceux qui exerçaient des responsabilités dans la conduite des affaires humaines comme dans l’art de la stratégie militaire. Mais aussi ceux qui avaient des responsabilités dans la conduite spirituelle des hommes.

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Celui qui pratique le jeu d’échecs de façon méditative est ainsi amené à se dire : « Quand je prends le Cavalier entre mes mains, le seul à pouvoir franchir d’emblée la haie des pions qui me sépare de mon espace intérieur, je fais appel à la nécessaire connaissance de moi-même. Elle est le Fil d’Ariane de mon cheminement initiatique. Le Fou m’appelle à la vigilance, à lutter contre le sommeil de l’âme car, ce que le Christ dit, il le dit à tous : VEILLEZ. Quand je prends la Tour entre mes mains, je mobilise en moi les forces de volonté spirituelle sans lesquelles je n’atteindrai jamais le sommet de la montagne. La pratique du jeu me dit que la Sophia demande patience et sacrifices, et délicatesse. La Dame ne doit donc s’aventurer qu’avec prudence au début de la partie. Mais le temps de son rayonnement viendra. Alors, elle s’offrira. Car la connaissance vraie s’accomplit dans l’Amour qui est à jamais La Vie nouvelle dont nous parle Dante à propos de Béatrice. Quant au Roi, il est là. Je le sais. Il me dit qu’il convient de cultiver sa présence et de l’appeler sans cesse jusqu’à la victoire. Car il frappe à la porte. Et c’est à moi de l’ouvrir « pour que nous dînions ensemble ».

Jean Poyard dans Le jeu d’échecs et le mat

Une pièce musicale de Vladimir Cosma – Le Joueur d’échecs

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