Dé-couvrir

La voie consiste donc à découvrir, à dé-couvrir, enlever ce qui couvre, pour constater :  » Ah ! C’était déjà là … »

On peut faire du bruit mais on ne peut pas faire du silence.  »Faire silence » consiste à éliminer tous les bruits et tous les sons. Seul le silence est réel unique et permanent. Les bruits sont irréels, naissants, mourant, disparaissant.

Le vide et le silence sont toujours en nous, ici et maintenant, dans le meilleur et dans le pire, sous le tumulte de nos chants d’amour et de nos cris de haine, de nos peurs et de nos pleurs, de nos rêves et de nos joies, de nos ambitions et de nos amertumes, de nos triomphes et de nos désarrois.

*

Un unique océan produit sans arrêt des vagues qui apparaissent et disparaissent mais ces vagues ont leur être dans l’océan ; l’océan demeure en elles et elles demeurent dans l’océan. Et chaque vague est différente, chaque vague est unique. Vous êtes en Dieu comme la vague est dans l’océan et Dieu est en vous comme l’océan est dans la vague. Et pourtant la vague n’est pas l’océan car il y a des milliers de vagues et il n’y a qu’un seul océan ; les vagues naissent et meurent sans cesse, l’océan ne nait ni ne meurt. En tant qu’égo, individualité, être non régénéré, vous n’êtes pas Dieu. Et pourtant vous êtes Dieu, vous êtes l’Absolu. Certains d’entre vous pensent peut-être :  » mais c’est un blasphème que de dire : je suis Dieu  ». Non, le blasphème luciférien, c’est d’oser dire :  » je ne suis pas Dieu, je suis autre que Dieu, il y a Dieu et moi  ». Monstrueuse affirmation d’indépendance et d’autonomie, prétention à posséder l’être en soi-même. Il y a beaucoup moins d’égoïsme et d’orgueil à se dénier toute existence autre que l’Unique Réalité qu’à se considérer comme un être, même pécheur, humilié et plein de remords, existant par soi-même.

Le but proposé à l’homme c’est de perdre complètement sa conscience d’être autre que Dieu.

*

Une société fondée sur l’acquisition de l’avoir ne peut pas comprendre une société fondée sur l’apprentissage de l’être

Arnaud Desjardins dans Les chemins de la sagesse

Une pièce musicale de Ludovico Einaudi – Pathos