Le sacre du dragon vert

Un homme sensé, c’est quelqu’un qui vit en harmonie avec ses émotions: il connaît ses peurs, ses anxiétés, ses jalousies, ses culpabilités, et il est complètement en accord avec elles. Quand quelqu’un s’ouvre à ses émotions, celles-ci quittent leurs prolongations pathologiques, elles deviennent poétiques. Au lieu d’avoir peur de sa peur, on écrira sur la peur, on peindra sur la peur, on fera de la musique sur la peur. Comme on le dit en Orient, la compréhension c’est d’être compréhension; rien n’est compris, personne ne comprend. Être compréhension n’est pas lié à la pensée, c’est une émotion fondamentale.

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Finalement, ce qu’on appelle yoga en Inde, c’est uniquement cela! Apprendre à sentir, à écouter, à goûter, sans toucher à ce que l’on touche, à ce que l’on goûte. A ce moment la sensation a un pouvoir immense, elle peut complètement se libérer.

L’expression lâcher-prise prête à confusion. Personne ne peut lâcher-prise, l’expression « accueillir, ressentir » est plus claire.

La perception est une richesse infinie, elle est plus proche de la vérité que la pensée. Elle est toujours vécue de manière n.

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Tant que le désir sexuel s’apparente à une tension qui cherche à se libérer, cela reste au niveau de la pornographie. Mais quand le désir s’est affiné, en devenant une offrande, le désir sexuel n’est plus un désir sexuel, il se transforme en une célébration de la joie d’être. À ce moment-là, l’érotisme peut prendre son envol, tout ce que vous voyez dans la sculpture de l’Inde trouve vraiment son sens. L’érotisme n’est pas un moyen mais l’aboutissement d’une sensibilité.

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Un maître authentique est reconnu par son absence, non par sa présence.

Eric Baret dans Le sacre du dragon vert : pour la joie de ne rien être

Une pièce musicale Shakuhachi flute in nature