
On constatera dans ce processus que tous les problèmes et tous les conflits ont pour cause une vision fragmentaire. À mesure que notre vision est moins fragmentaire et par conséquent plus globale, nous voyons les contradictions se réduire en oppositions et les oppositions s’atténuer peu à peu pour devenir des complémentarités.
Les complémentarités apparaissent alors comme des aspects de l’unité. Arrivé à ce point on est à la dernière étape. On se trouve devant une unité objective saisie par un sujet. Il n’y a plus qu’un pas à faire pour comprendre que cette dualité sujet-objet est encore irréelle et que le Réel est «Un».
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Pour pouvoir comprendre la perspective non-duelle, il faut se rendre compte que l’on est prisonnier de certains clichés qui nous font toujours voir les choses d’une façon duelle et fragmentaire. Pour retrouver la vision non-duelle, il faut nous habituer à reconsidérer les «fragments -objets» de notre connaissance usuelle dans leur relation avec les autres «fragments-objets» de manière à obtenir une vision globale de plus en plus étendue dans laquelle les oppositions et les conflits se transforment en complémentarité harmonieuse.
Il faut étendre cette «globalité» au maximum. En tendant vers ce maximum, notre vision globale nous présentera une réalité de plus en plus harmonieuse pour aboutir à la limite, à la vision unitive.
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Vouloir à tout prix maîtriser les sens et extirper les désirs est l’erreur des hommes dont la capacité de discernement est faible. La cessation de la croyance que nous sommes notre corps, notre mental et l’auteur de nos actes, se produit spontanément en échappant presque à notre attention. Elle survient lorsque nous avons compris et acquis la conviction, d’une manière qui a profondément percuté tout notre être, que les
contrastes antipathie-sympathie, répulsion-attraction appartiennent à l’ego. L’ego n’existe qu’en fonction d’une identification, qui n’est du reste qu’une mauvaise habitude, avec un objet de la Conscience. Le Soi, lui, transcende l’existence. Par conséquent, en tant que Conscience pure, sans objet, nous transcendons l’ego.
Jean Klein (1912-1998) est un des plus grands maîtres spirituels du XXe siècle. Son enseignement, inspiré par la tradition indienne de l’Advaita-Vedânta, a largement contribué à ouvrir la sensibilité occidentale à la non-dualité et à l’éveil.
Jean Klein dans La Joie Sans Objet – L’ultime réalité : Sois ce que tu es, suivi d’Entretiens Inédits
Une pièce musicale de Vangelis: Lonesome
