Du Carmel au bordel

Il faut que je prouve aux femmes, et surtout à celles qui restent dominées par leur mari, comme mon amie, qu’il est possible pour la femme québécoise, et pour la femme en général, de se réveiller, de secouer ses ailes, qu’on a longues et fortes, croyez-moi, et de s’envoler un jour, chacune à son moment.

Besoin de s’envoler vers soi-même pour commencer, puis vers les autres, vers les êtres humains qui sont libres ou libérés. Ça, c’est le bonheur. Un bonheur humain, certes, un bonheur fait d’aussi grandes tristesses que de grandes joies, un bonheur envahi de déceptions comme de satisfactions, un bonheur autant rempli d’obstacles que de succès.

*

Je rêve aussi de voir l’argent remis à sa place, c’est-à-dire pas comme un but dans la vie. L’argent comme un moyen de mieux vivre, en premier avec soi-même, puis avec celui ou celle de son choix, et enfin en société, en respectant ce qui appartient aux autres, pour qu’ils en fassent autant eux aussi.

*

Crier aux femmes de se tenir par la main, de s’instruire, de se sentir bien dans leur peau, de ne pas cesser d’être belles et raffinées, par peur de servir d’objet. Ne sert d’objet que qui se sent un objet !

*

Au fond de moi, j’espère toujours rencontrer un jour, l’homme dont je rêve, dont rêvent toutes les femmes qui le sont encore. Un homme qui sache autant donner que recevoir, qui sache comprendre la femme comme elle sait, elle, comprendre l’homme. Un homme qui ait besoin de délicatesse, de respect, de savoir-vivre dans sa vie, qui en ait surtout suffisamment besoin pour comprendre enfin que la femme aussi en a un besoin désespéré.

*

La vie est si courte ! Tout à coup, je peux mourir demain… Il y a tellement de choses à connaître, à faire, à essayer ! À l’avenir, il va falloir que je profite de tout ce qui passe, que j’essaie tout, que je vive !

*

Mais un vrai bonheur humain quand même, tel que je le vis désormais. Souvent seule, mais bien dans ma peau de femme libérée !

Et surtout, libre désormais de recommencer une vie à deux, mais avec un homme que j’aurai choisi, avec les yeux ouverts, des yeux plus mûrs, tout comme lui fera ce choix envers moi.

Thérèse Deschambault dans Du Carmel au bordel

Déterminée à faire le bien et sauver le plus d’enfants possible, elle se fait carmélite, puis sœur grise, pour enfin défroquer et fonder un foyer.

Une pièce musicale de Joanne Shenandoah – Across the Sky

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s