
Ce qu’on appelle la confusion, le chaos, ce sont les mouvements de force qui échappent à nos capacités de compréhension. Paradoxalement, le chaos participe à l’équilibre. L’équilibre parfait, ce serait l’immobilité, le non-mouvement. Seul le Tout est logiquement immobile, contenant tout le temps et tout l’espace. Dans notre monde relatif, rien n’est immobile. Nous avons un aperçu de l’équilibre quand on ressent de l’harmonie. Donc le moi est toujours en recherche de l’équilibre parfait qui n’est autre que l’Absolu insaisissable.
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-Est-ce que ceux qui accueillent des élèves se trompent ? Car certains de ces élèves ne veulent pas simplement aller mieux, ils veulent l’éveil.
-C’est quoi l’éveil ? Pour moi, c’est ne plus prendre l’impression d’être séparé pour une réalité, c’est la vision de l’inséparabilité. Ce n’est pas un pouvoir sur la manifestation ! Certains enseignants ont un langage de non-duel, mais en fait ne font que renforcer le faux moi, l’histoire personnelle. Ce n’est pas mal en soi, ça fait partie du spectacle !
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Au fil de nos rencontres, je me suis aperçu qu’il y a une méprise, une confusion, car nous ne parlons pas du même moi. Quand vous parlez de moi, je sais que vous parlez d’un moi séparé personnel qui veut s’améliorer, aller mieux, qui aurait sa volonté, son libre arbitre, son histoire, etc., celui de la carte d’identité. Alors que je parle d’un moi référence de forme, un moi lieu-dit de conscience, qui n’implique pas le sens de la séparation. Il y a donc apparemment deux sortes de moi. Donc chaque fois qu’on emploiera moi, est-ce qu’on parlera de la même chose ? C’est important de clarifier ce point.
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La complétude dont parlent les enseignements n’a rien à voir avec le quantitatif, ce n’est pas l’inverse du manque, puisqu’on ne peut rien lui enlever, rien lui rajouter. Cette complétude, c’est l’absence du questionneur, l’absence de celui qui veut la complétude, ce qui va générer de ce fait un sentiment stable tout à fait compatible avec le monde de l’impermanence, du mouvement, du manque.
On ne peut expérimenter que l’impermanence ou le relatif, qui est une vision partielle de l’absolu mais de même nature. En tant qu’individu, il n’y a pas d’autre but possible que celui de vivre le relatif à 100%, tel qu’il apparaît.
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Tu voudrais une complétude personnelle qui dure, mais dans le monde manifesté, qu’est-ce qui est permanent ? Y a-t-il une chose qui ne change pas dans le monde tel qu’on le vit ? Personne ne peut saisir l’expérience du permanent. Personne. Il peut y avoir une compréhension intuitive du permanent mais pas de saisie du permanent.
Daniel Morin dans Où est le problème?
Une pièce musicale de Mari Samuelsen – Hania Rani: Glass
