Archives du tag ‘tolérance

Dialogue par Rachid Benzine et Delphine Horvilleur   Leave a comment

Rachid Benzine est musulman, Delphine Horvilleur est juive.

Ensemble, ils ont écrit un livre pour encourager le dialogue et la coexistence entre les différentes religions.

Publié 28 février 2018 par dandanjean dans Débats à partager

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Quelques propos de Claude Lévi –Strauss   Leave a comment

Terre

Il faut beaucoup de naïveté ou de mauvaise foi pour penser que les hommes choisissent leurs croyances indépendamment de leur condition.

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Chaque progrès donne un nouvel espoir suspendu à la solution d’une nouvelle difficulté. Le dossier n’est jamais clos.

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Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie.

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La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition de cultures, préservant chacune son originalité.

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L’humanité s’installe dans la monoculture ; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat.

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La tolérance n’est pas une position contemplative. C’est une attitude dynamique, qui consiste à prévoir, à comprendre et à promouvoir ceux qui veulent être tolérants.

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Claude Lévi –Strauss

Il est un anthropologue et ethnologue qui a exercé une influence importante sur les sciences humaines dans la seconde moitié du XXe siècle en étant notamment l’une des figures fondatrices de la pensée structuraliste.

 

Une chanson de Damien Rice interpreétée avec Cantus Domus – It Takes a Lot to Know a Man

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/947909.html

Publié 12 janvier 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Les peurs qui ont pour effet d’exclure les femmes   Leave a comment

Nos peurs nos choix

À l’époque des Tang, le moine Guanxi Zhixian avait étudié le chán auprès du fameux et redoutable Linji qui enseignait avec des cris et des coups.

Ayant atteint un premier stade de l’Éveil, mais pas encore entièrement libéré de son ego, il s’était mis à pérégriner, allant visiter d’autres maîtres pour éprouver sa propre réalisation spirituelle.

En ce temps-là, une femme du nom de Moshan Liaoran défrayait la chronique du bouddhisme. Disciple de l’excentrique Ta-yu, celui qui avait porté le coup décisif provoquant justement l’Illumination de Linji, elle était devenue supérieure d’un important monastère perché sur une montagne. Sa compréhension du Dharma était telle qu’elle attirait de nombreux adeptes.

La communauté monastique y était mixte, l’abbesse enseignait aussi bien à des nonnes qu’à des moines, en complète contradiction avec les règles du Vinaya. Voulant savoir si la réputation de Moshan n’était pas surfaite, Guanxi Zhixian décida d’aller la défier. Il s’était promis que s’il gagnait la joute oratoire, il renverserait le siège du Dharma de la supérieure et que s’il perdait, il deviendrait son disciple. Quand l’abbesse reçut le moine, elle lui demanda :

– D’où venez-vous?

– De la route qui débouche ici.

Pressentant l’arrogance du moine et passée maître dans les jeux du langage, elle répondit en posant l’index sur ses lèvres qui esquissaient un sourire :

 – Pourquoi ne pas l’avoir fermée pour pénétrer en ce lieu?

Avec cette image, elle invitait son interlocuteur à se défier de lui-même et le moine en resta bouche bée un moment.

Il l’attaqua enfin sur son niveau de réalisation, voulant lui aussi jongler avec le sens des mots. Comme le nom de l’abbesse veut dire en chinois « sommet de la montagne », il formula ainsi sa question :

– Où se tient donc la cime du mont?

– Elle est cachée à vos yeux par un nuage blanc, répondit-elle, signifiant que son interlocuteur, aveuglé par son mental, ne pouvait percevoir sa Nature de Bouddha.

Le moine présomptueux porta son attaque suivante sur sa nature féminine :

– Quelle apparence a donc revêtu ce maître qui se tient sur la montagne?

Affirmant que l’Éveil était au-delà des distinctions, elle répondit :

– Pas de forme définie, ni homme ni femme !

L’impénitent débatteur s’aventura à demander encore :

– N’est-il pas écrit qu’une femme ne peut atteindre l’Éveil suprême si elle ne s’est pas réincarnée en homme ? ! Pourquoi ne pas se transformer?

Après avoir éclaté de rire, la nonne répondit finement en faisant référence aux pouvoirs attribués aux esprits surnaturels :

– Je ne suis pas une Femme-renarde, alors pourquoi me métamorphoser?

Ne trouvant plus rien à répliquer, Guanxi Zhixian s’inclina devant l’abbesse comme un disciple devant son maître.

Après l’avoir fait travailler trois ans dans le jardin du monastère, elle en fit l’un de ses assistants. Plus tard, devenu un maître chán réputé, il aimait à répéter :

– J’ai obtenu une demi-louche de Dharma de mon père Linji et une autre demie de ma mère Moshan.

 

Contes des sages bouddhistes, Pascal Fauliot

Une pièece d’Idir en duo avec Tanina – Lettre à ma fille

Publié 25 juillet 2017 par dandanjean dans Contes, Pauses lectures

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Avec instinct   Leave a comment

 

ImAGE enfants

Nous sommes fondamentalement des êtres animés par la découverte, l’apprentissage.

Dès le jeune âge, la vie signifie franchir des étapes, se dépasser, apprendre à maitriser des situations ou des compétences. Bien sûr, nous tombons parfois, mais l’énergie qui nous habite est en grande partie axée sur notre développement. Nous abordons la diversité comme un fort potentiel de découverte et d’apprentissage. La différence nous nourrit.

Puis, le stockage en notre mémoire vive de nos expériences positives et négatives fait en sorte qu’une crainte du risque se développe et nous pousse à prendre du recul et à reproduire les situations où nous avons pleinement le contrôle. Nous figeons le type de musique que nous aimons, le style vestimentaire, les caractéristiques des relations souhaitées, les habitudes à maitriser, etc.  La tolérance au regard des fluctuations entre le favorable et le défavorable diminue. Alors, on se convainc que nous avons assez appris, que nous avons maintenant des certitudes.

Pourtant, en tolérant mieux les contrastes, en explorant l’envers de nos certitudes et les zones où nous sommes réellement conscients que nous sommes différents, nous redécouvrons toute la beauté de l’appréciation, de l’acceptation de la vie sous toutes ces facettes. Il est alors possible de changer notre réception de ce que nous vivons et transformer les significations événementielles. Un événement sans importance voir même difficile peu devenir l’inverse et débouche sur une transformation de soi, un apprentissage nouveau.

Nous sommes tous un jour l’étranger de quelqu’un, et même parfois apatride à son regard, ou pire, l’envahisseur d’un espace autoproclamé. Toutefois, en aucun c’est une justification pour ne pas continuer à s’alimenter de nos différences, de notre diversité et de susciter le changement de paradigme. Parfois, il est bon de suivre son instinct de vie.

Une chanson de The Cranberries – Zombie

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 9 avril 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Le sens de l’univers ou de la vie!   1 comment

Hubert Reeves nous livre un témoignage sur sa perception du sens de la vie, en référent à l’univers.  Ses propos illustrent la beauté de la différence, et en ce sens, il prône la tolérance, tant pour un scientifique ou un religieux.

L’arbre d’amour et de sagesse   2 comments

Ga-Ja

Dans un pays aride, fut autrefois un arbre prodigieux. Sur la plaine, on ne voyait que lui, largement déployé entre les blés malingres et le vaste ciel bleu. Personne ne savait son âge. On disait qu’il était aussi vieux que la Terre. Des femmes stériles venaient parfois le supplier de les rendre fécondes, des hommes en secret cherchaient auprès de lui des réponses à des questions inexprimables et les loups lui parlaient, certaines nuits sans lune, mais personne jamais ne goûtait à ses fruits.

Ils étaient pourtant magnifiques, si luisants et dorés, le long de ses branches maîtresses pareilles à deux bras offerts dans le feuillage qu’ils attiraient les mains et les bouches des enfants ignorants. Eux seuls osaient les désirer. On leur apprenait alors l’étrange et vieille vérité. La moitié de ces fruits était empoisonnée. Or, tous, bons ou mauvais, étaient d’aspect semblable. Des deux branches ouvertes en haut du tronc énorme l’une portait la mort, l’autre portait la vie, mais on ne savait laquelle nourrissait et laquelle tuait. Et donc on regardait mais on ne touchait pas.

Vint un été trop chaud, puis un automne sec, puis un hiver glacial. Neige et vent emportèrent les granges et les toits des bergeries. Les givres du printemps brûlèrent les bourgeons, et la famine envahit le pays. Seul, sur la plaine, l’arbre demeura imperturbable. Aucun de ses fruits n’avait péri. Malgré les froidures, ils étaient restés en aussi grand nombre que les étoiles du ciel. Les gens, voyant ce vieux père solitaire miraculeusement rescapé des bourrasques, s’approchèrent de lui, indécis et craintifs. Ils interrogèrent son feuillage. Ils n’en eurent pas de réponse. Ils se dirent alors qu’il leur fallait choisir entre le risque de tomber foudroyés, s’ils goûtaient aux merveilles dorées qui luisaient parmi les feuilles, et la certitude de mourir de faim, s’ils n’y goûtaient pas.

Comme ils se laissaient aller en discussions confuses, un homme dont le fils ne vivait plus qu’à peine osa soudain s’avancer d’un pas ferme. Sous la branche de droite, il fit halte, cueillit un fruit, ferma les yeux, le croqua et resta debout, le souffle bienheureux. Alors tous, à sa suite, se bousculèrent et se gorgèrent délicieusement des fruits sains de la branche de droite, qui repoussèrent aussitôt, à peine cueillis, parmi les verdures bruissantes. Les hommes s’en réjouirent infiniment. Huit jours durant, ils festoyèrent, riant de leurs effrois passés.

Ils savaient désormais où étaient les rejetons malfaisants de cet arbre : sur la branche de gauche. Ils la regardèrent d’abord d’un air de défi, puis leur vint une rancune haineuse. A cause de la peur qu’ils avaient eu d’elle ils avaient failli mourir de faim. Ils la jugèrent bientôt inutile que dangereuse. Un enfant étourdi pouvait, un jour, se prendre à des fruits pervers que rien ne distinguait des bons. Ils décidèrent donc de la couper au ras du tronc, ce qu’ils firent avec une joie vengeresse.

Le lendemain, tous les bons fruits de la branche de droite étaient tombés et pourrissaient dans la poussière. L’arbre amputé de sa moitié empoisonnée n’offrait plus au grand soleil qu’un feuillage racorni. Son écorce avait noirci. Les oiseaux l’avaient fui. Il était mort.

Conte de l’Inde, Henri Gougaud

Une chanson interprétée par Marie-Mai – Hymne à la beauté du monde

 

Réflexions sur l’année singe de feu   1 comment

ImAGE Singe de feu

Notre éducation et notre mode de vie nous amènent à concevoir le monde qui nous entoure dans une vision dualiste. Nous sommes d’accord ou pas, nous votons pour ou contre, puis il y a le vrai et le faux. Et, après avoir fait nos choix, nous nous rendons compte que ce n’était pas comme nous nous attendions. Les promesses ou les attentes ne sont pas toujours aux rendez-vous.

Cela n’est pas facile de sortir de notre représentation du monde cette vision dualiste qui tente d’emprisonner la réalité. Je ne veux pas dire qu’il ne faut plus voter, qu’il ne faille plus répondre aux sondages ou aux questions, je veux juste mettre de l’avant que le choix que je fais est issu de moi et de ma représentation et que la réalité est par ailleurs différente. Le monde est ce qu’il est, complexe, avec une diversité de possibilités, une diversité d’horizons tous différents et compatibles d’une certaine façon.

Dire non ne fait pas disparaître les autres choix. Dire non ne fait qu’affirmer notre position.

Accepter la diversité, les contradictions, cela demande un certain courage et une capacité à vivre dans l’ambigüité et l’honnêteté. L’ambigüité, car nous vivons dans un monde de différences et il est impossible de tout savoir les particularités. L’honnêteté, car il en faut pour se reconnaître réellement et s’accepter dans notre vraie nature sans faire de la fausse représentation auprès des autres.  C’est aussi reconnaître notre ressemblance avec les autres.

Ceux qui n’en sont pas capables imposent leurs points de vue, quitte à éliminer la dissidence.

L’acceptation de l’autre implique de savoir reconnaître sa singularité et d’accueillir la différence et la diversité, sinon dans les faits nous n’acceptons pas, nous ne faisons que tolérer.

 

Une chanson de Luc De Larochellière – J’ai vu

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

 

 

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