Contes des sages de l’Inde : Contrer la violence

ImAGE passage

Le Bouddha enseignait partout où il passait. Or un jour qu’il parlait sur une place de village, un homme vint l’écouter parmi la foule. L’auditeur se mit bientôt à bouillir d’envie et de rage. La sainteté du Bouddha l’exaspérait. N’y pouvant plus tenir, il hurla des insultes. Le Bouddha demeura impassible. L’homme fulminant quitta la place.

Comme il avançait le long des rizières à larges enjambées, sa colère s’apaisait. Déjà le temple de son village grandissait au-dessus des rizières. En lui monta la conscience que sa colère était née de la jalousie et qu’il avait insulté un sage. Il se sentit si mal à l’aise qu’il rebroussa chemin pour présenter des excuses au Bouddha.

Lorsqu’il arriva sur la place où l’enseignement continuait, la foule se poussa pour laisser passer l’homme qui avait insulté le Maître. Les gens incrédules le regardaient revenir. Les regards se croisaient, les coudes étaient poussés pour attirer l’attention des voisins, un murmure suivait ses pas. Lorsqu’il fut suffisamment près, il se prosterna, suppliant le Bouddha de lui pardonner la violence de ses propos et l’indécence de sa pensée. Le Bouddha plein de compassion, vint le relever.

– Je n’ai rien à vous pardonner, je n’ai reçu ni violence ni indécence.

– J’ai pourtant proféré des injures et des grossièretés graves.

– Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas l’usage ou que vous ne souhaitez pas saisir ?

– Je ne tends pas la main, je ne le prends pas bien sûr.

– Que fait le donateur ?

– Ma foi, que peut-il faire ? Il garde son objet.

– C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre.

Martine Quentric-Séguy dans Contes des sages de l’Inde

Une pièce musicale d’Akasha Experience – The Chain

Nous n’avons plus besoin de conflits

ImAGE Singe de feu

Un jour, maigre et sentant un royal appétit,

Un singe d’une peau de tigre se vêtit.

Le tigre avait été méchant ; lui, fut atroce.

Il avait endossé le droit d’être féroce.

Il se mit à grincer des dents, criant : Je suis

Le vainqueur des halliers, le roi sombre des nuits !

Il s’embusqua, brigand des bois, dans les épines

Il entassa l’horreur, le meurtre, les rapines,

Égorgea les passants, dévasta la forêt,

Fit tout ce qu’avait fait la peau qui le couvrait.

Il vivait dans un antre, entouré de carnage.

Chacun, voyant la peau, croyait au personnage.

Il s’écriait, poussant d’affreux rugissements :

Regardez, ma caverne est pleine d’ossements ;

Devant moi tout recule et frémit, tout émigre,

Tout tremble ; admirez-moi, voyez, je suis un tigre !

Les bêtes l’admiraient, et fuyaient à grands pas.

Un belluaire vint, le saisit dans ses bras,

Déchira cette peau comme on déchire un linge,

Mit à nu ce vainqueur, et dit : Tu n’es qu’un singe !

 

Victor Hugo dans Les châtiments

Une pièce musicale War/No More Trouble avec Playing for Change Song Around The World

les paroles en français sur https://greatsong.net/TRADUCTION-KEB-MO,WAR-NO-MORE-TROUBLE,105980502.html

L’effet colibri… oups… papillon

Vols papillons

 

La violence peut nous apprendre beaucoup sur l’amour et sur soi.

D’abord, elle suscite l’incompréhension, le non-sens, l’absurdité. Nous sommes subjugués par elle.

Puis, il y a l’apparition de la peur. Cette peur qui s’attaque à nous, qui peut tuer bien des choses en nous, beaucoup de projets et même nous tuer. La peur est un feu destructeur qu’il nous faut apprendre à contenir.

La bonté, la compassion et l’amour sont des marées d’énergies bienfaisantes qui peuvent calmer l’incendie de la peur. Chaque geste créateur que nous produisons a un effet direct sur notre peur et sur la peur vécu par d’autres. Elle suscite la bonté, la contemplation, l’amour même.

Quand nous créons, nous utilisons notre propre capacité d’agir pour donner moins de place à la peur, et plus de place à notre part bienfaisante. Quand nous sommes habités de compassion, nous voulons créer, chanter, peindre, filmer ou écrire.

Il est important de prendre conscience que le monde ne laissera tomber les guerres ou les attentats que lorsque la majorité de ses habitants seront en train de créer de la vie autour d’eux. À chaque amour, à chaque geste de bonté, à chaque espace de compassion, la peur recule et la vie reprend tout son sens. N’attendez pas le changement global, faites votre part de différence et laissez aller l’effet papillon.

Une chanson de ZAZ – La (R)Evolution des colibris

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

La banalisation de la violence

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Je rêve du jour où il sera valorisé de nous indigner lorsque quelqu’un s’attaque à l’intégrité d’une victime d’agression.

D’une part, rien ne peut justifier l’agression ou le viol, pas même quelques faits croustillants issus du passé d’une victime.

D’autre part, cette quasi-justification qui est en fait une banalisation ne fait qu’exprimer une acceptation sous certaines conditions de ces gestes de violence. Qui aura le droit de vivre en paix et qui n’aura pas ce privilège? Sous la justification de qui? Pourquoi en remettre sur le dos des victimes?

Il n’y a rien qui peut justifier l’inacceptable et l’intolérable. Défendre le contraire, c’est nier que toutes les personnes ont les mêmes droits.

Aujourd’hui, en tant qu’homme, je suis indigné lorsque quelqu’un s’attaque à l’intégrité ou au passé d’une victime d’agression.

Une chanson de Raymond Lévesque et interprétée par Bruno Pelletier – Quand les hommes vivront d’amour

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Nice = gentil en anglais, et une part de notre humanité dans toute les langues

Nice

Les combattants ont besoin d’une idéologie pour faire cesser les messages du cœur, car l’idéologie a une fonction très précise, instaurer une dérive de l’esprit pour s’éloigner de son port d’attache, le cœur. L’idéologie véhicule un ensemble de croyances adossées à des intérêts, qui se cristallisent dans les dogmes, les préjugés, permettent de condamner et d’ôter la vie. C’est en vivant les horreurs comme ceux vécus récemment que nous constatons la futilité que portent ces actes de violence au nom d’une idéologie qui prône l’extinction de la diversité de la vie et de la différence.

En écoutant le discours de Nicolas Chibaeff, consul général de France, je constate qu’il y en a qui cherche le point de bascule fragile pour éviter de se laisser entraîner dans la folie du temps.  Il est bon de se rappeler l’important de prendre conscience, d’écouter et d’entretenir sa compassion.

Prononcé avant l’entrée en scène de Julien Clerc sur la grande scène du Festival d’été de Québec sur les plaines d’Abraham par Nicolas Chibaeff:

Ce soir, l’esprit de la fête qui nous rassemble a été attaqué à travers un attentat à Nice. Des dizaines de personnes, qui s’étaient regroupées pour faire la fête, pour regarder des feux d’artifices, sont mortes. Nous allons célébrer avec Julien Clerc en poésie et en amour, qui est ce que nous avons de meilleur et de plus important face à la violence et à la haine qui frappe partout dans le monde pour la liberté, la fraternité et l’amour de l’humanité.

Puis à la fin de son spectacle, Julien Clerc a chanté en hommage à Nice Lassons entrer le soleil.

 

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