
Cuisiner pour soi chaque jour (ou du moins régulièrement) devrait faire partie du quotidien, tout comme dormir, se laver et travailler. Quelques conditions de base, cependant, sont préalablement nécessaires. Pour cela, il faut :
- se créer (ou recréer) un espace agréable et ergonomique donnant envie de cuisiner ;
- se procurer les « bons » ustensiles (des ustensiles de qualité, adaptés à ses besoins, à sa taille, à son âge et à sa culture) ;
- s’établir une petite routine non chronophage pour les courses et le stockage des aliments ;
- acquérir, plutôt que de s’épuiser à suivre péniblement des recettes sur son smartphone, quelques techniques de base pour préparer un repas sans avoir recours à quelque support électronique ou papier que ce soit ;
- trouver sa propre méthode pour procéder dans la préparation des repas avec efficacité et soin ;
- savoir maintenir sa cuisine propre, et sans efforts.
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Industrialisation, nouveaux modes de vie… Pourquoi, objectera-t-on, cuisiner alors que nous avons, d’un clic, accès à tant de produits surgelés, congelés, précuisinés, ou à la livraison à domicile ? Les techniques de conservation de produits surgelés, la biotechnologie des produits frais, les procédés UHT ou la cuisson sous vide, le conditionnement des aliments ainsi que les modes de distribution font que l’on peut se nourrir sans plus pratiquement avoir à cuisiner. Alors, surtout quand on vit seul, soit par choix, soit parce que l’éloignement professionnel nous y oblige, soit parce qu’on est séparé, divorcé, âgé, ou que l’on a perdu son (ou sa) compagne, pourquoi se donner la peine de cuisiner pour soi ? Si, pour certains, cuisiner s’apparente à une passion ou représente une habitude, cela est ressenti par bien d’autres comme une corvée et une perte de temps : décider des menus, faire les achats, s’occuper de la préparation et de la conservation des aliments, laver la vaisselle, la nettoyer, la ranger… Et puis, la plupart du temps, on ne sait pas cuisiner. Une partie de plus en plus importante de la population vivant seule (en majorité les hommes et les jeunes) n’a aucune idée de comment préparer un repas. Les jeunes quittant le domicile familial, par exemple, n’ont pour savoir-faire que la cuisson des pâtes ou les soupes instantanées. Surtout si leurs parents (la génération précédente fut la première à se nourrir de préparations et sauces industrielles) ne cuisinaient pas ou de moins en moins. De plus, c’est un fait avéré, la plupart manquent de motivation.
Dominique Loreau dans L’art de la simplicité en cuisine : Et si votre cuisine était le sanctuaire de votre sérénité ?
Une pièce musicale de Vangelis – 12 O Clock
