
Premier problème, donc, nous nous jugeons au lieu de nous analyser et de nous comprendre. Second problème: ce jugement est le plus souvent trop sévère. Qu’est-ce que juger? C’est relier un fait à une valeur. Et les valeurs des personnes ayant des problèmes d’estime de soi sont toxiques car trop élevées et trop rigides: leur désir de perfection sert à apaiser leur désir de protection.
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On observe en général, lors des problèmes d’estime de soi, une occupation du terrain de nos pensées par des ruminations moroses ou défaitistes. Des pensées négatives et floues, répétitives. À l’effet doucement délabrant, mais auxquelles on ne prête pas vraiment d’intérêt. Dont on ne s’échappe que par la distraction : lire, regarder la télé, pour emplir notre esprit d’autre chose, ou d’un vide, à tout prendre moins toxique.
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Une des vertus de l’amour sur les blessures de l’estime de soi, c’est qu’il nous entraîne, lorsqu’il est réciproque, évidemment, à nous décentrer. Nous ne pensons plus à nous mais à l’autre. Nous ne pensons plus à notre personne mais au couple que nous formons. L’oubli de soi par l’obsession de l’autre …
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Tant que l’on n’est pas prêt à affronter éventuellement la contrariété des autres, ce n’est jamais le moment pour s’affirmer…
Christophe André (1956 -) est médecin psychiatre dans le service Hospitalo-Universitaire de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, spécialiste de la psychologie positive.
Christophe André dans Imparfaits, libres et heureux : Pratiques de l’estime de soi
Une pièce musicale de Alex Nevsky – De la beauté – Même l’impossible fleurit
