
Finalement, lorsque nous aurons conquis l’immobilité vitale, nous nous apercevrons que nous pouvons commencer à aider les autres avec quelque efficacité. Car aider les autres n’est pas un problème de sentiments ou de charité, mais un problème de pouvoir; une question de vision, une question de joie. Dans cette tranquillité, non seulement nous aurons la joie qui rayonne, mais la vision qui dissipe les ombres; spontanément nous percevrons toutes les vibrations, et pouvoir les distinguer, c’est pouvoir les manipuler, les apaiser, les écarter, ou même les changer. La tranquillité, dit la Mère, est un état très positif; il y a une paix positive qui n’est pas le contraire du conflit – une paix active, contagieuse, puissante, qui domine et qui calme, qui met en ordre, qui organise. Nous ne donnerons qu’un exemple de cette « paix contagieuse », quitte à anticiper un peu sur la vie de Sri Aurobindo. C’était à Pondichéry, il y a des années, en cette saison où les pluies tropicales, parfois les cyclones, s’abattent soudain et font des ravages. On barricade alors portes et fenêtres avec de grosses lattes de bambou. Un cyclone était donc tombé cette nuit-là, avec des torrents de pluie, et la Mère avait gagné en hâte la chambre de Sri Aurobindo pour l’aider à fermer ses fenêtres. Il était assis à sa table de travail comme d’habitude (Sri Aurobindo passait douze heures à écrire, de six heures du soir à six heures du matin, pendant des années, puis il marchait de long en large pendant huit heures, « pour le yoga »), les fenêtres étaient grandes ouvertes, pas une goutte de pluie n’était entrée. La paix qui régnait dans cette chambre, rapporte la Mère, était si solide, si compacte, que le cyclone ne pouvait pas entrer
Satprem, né Bernard Enginger (1923-2007), Français, Breton, fut pendant vingt ans le confident de Mère, qui lui donna son nom véritable le 3 mars 1957 : Satprem « celui qui aime vraiment ». À l’âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Celle qui cherchait le secret du passage à la « prochaine espèce », et forait en son corps ce passage. Mère, dont il deviendra le confident et le témoin pendant près de vingt ans.
Satprem dans Sri Aurobindo ou l’aventure de la conscience
Une pièce musicale de Shakti – La Danse Du Bonheur
