
Bleus de la profondeur,
Nous n’en finirons pas
d’interroger votre mystère.
L’illimité n’étant
Point à notre portée,
il nous reste à creuser, ô bleus
Du ciel et de la mer,
Votre mystère qui n’est autre
que nos propres bleus à l’âme.
*
Viens te lover dans ma main, galet, tiens un instant compagnie à l’anonyme passant.
Toi, le pain cuit au feu originel, nourris ce passant de ta force tenace, de ta tendresse lisse, au bord de cet océan sans borne, où tout vivant, accorde au mendiant sans voix les faveurs, fais-moi don de tes inépuisables trésors : fête de l’aube, festins du soir, farandoles sans fin des astres, tant et tant de tes glorieux compagnons réunis ici en toi, un instant lové dans le creux charnel de ta paume !
Toi qui survis à tout, garderas-tu mémoire de cette singulière rencontre ?
*
D’ici là
D’un instant l’autre
L’inattendu adviendra
Quand le divin habitera l’intervalle.
Du dire à l’ouï-dire,
Du don à l’abandon,
Tout le souffle du printemps
Qu’un trait d’éclair retrace.
Les anciens rêves éclatant en bourgeon
Soif et ivresse demeurent intactes ;
Dans le rythme primordial retrouvé,
Source sera nuage et nuage averse.
D’ici là
D’un instant l’autre
Nous nous rejoindrons,
Chacun en avant de soi
S’étend de oe qu’il ouvre,
S’accroît de ce qu’il donne,
Toute fêlure offrande,
Toute en-tente
ex-tase.
François Cheng dans La vraie gloire est ici
Une pièce musicale de Anouar Brahem -The Astounding Eyes Of Rita
